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Toujours pas de pétrole, mais où sont parties les idées ? novembre 16, 2011

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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La dette, la dette… à croire qu’entre deux faits divers, on n’a plus qu’un seul sujet à la télévision … Et on perçoit bien l’actuelle bataille à laquelle chacun apporte son scénario, mais aucun ne traitant le problème… De plus, parler de la dette n’est pas tout, car on peut encore espérer la faire tourner en circuit fermé, si on veut s’en donner les moyens. Un autre bug caché est encore plus sournois, s’agissant de cash sortant purement et simplement du pays : le déficit commercial, d’un montant de plus de 70 milliards d’euros en 2011.

L’argent n’a pas d’odeur, mais ne devrait-il pas également ne pas avoir de couleur ? Une dette et un déficit ne sont ni rose, ni vert, ni rouge. Ils sont une plaie pour nous tous, et ce n’est pas la pagaille des wanabee monarques pour 2012 qui y changera quoi que ce soit.

Jean-Michel ayant rappelé a maintes reprises que ce blog n’est pas un lieu réservé exclusivement a débattre de Télécom et lois en I, je propose de nous défouler un peu sur un autre sujet super simple et n’appelant également a l’évidence aucune polémique 😉

Pour mieux comprendre le terrain, j’ai pris l’option de démarrer par une photo des lieux afin de mieux identifier comment nous la  produisons, la consommons… et la gaspillons…
Cela permettra probablement de prendre un peu de hauteur face à tout ce que nous entendons de tous côtés, et loin des scénarii immobilistes ou décroissant, de proposer quelques pistes de réflexion soumises à votre sagacité.

En regardant ce déficit de plus près, on constate (sans grande surprise) qu’il est constitué pour 80% de notre besoin en énergie, dont 40% destinés à chauffer nos bâtiments, et 20% à rouler.

Touche pas au grisbi !

Tout d’abord, quelques grandes valeurs d’ensemble permettent de placer l’enjeu : deux grandes masses constituent notre consommation d’énergie, voisines en volume, mais absolument pas en terme balance commerciale du pays.

Tout d’abord, nous importons pour 50 milliards d’euros par an de carburants fossiles, tandis que nous ne dépensons qu’un a deux milliards d’euros par an pour acheter nos 10.000 tonnes d’uranium. Je ne parle bien ici que du cash out lié aux « combustibles ».

On constate ici un premier biais dans le débat actuel : Nos déficits économique et carbone sont liés à notre consommation de carburants fossiles, mais non à l’industrie nucléaire qui utilise à outrance l’équation économique pour défendre ses choix. Les deux grandes parties en présence (pétroliers et nucléaire) étant totalement disjointes en apparence. On peut donc difficilement avancer l’argument financier pour dénigrer le nucléaire, compte tenu du faible montant d’achat du combustible.

Evidemment, l’énergie est un enjeu de pouvoir entre les mains d’entités peu enclin à partager. C’et vrai, que deviendrait un Etat qui laisserait son peuple produire l’énergie ? Hormis aux débuts de l’aventure, les puits de pétrole ne sont plus vraiment laissés aux mains des fermiers les ayant sur leurs terres 🙂 …
A l’instar de la production agricole, notre bon système grefferait rapidement une fédération nationale contrôlée par des subventions, pour surveiller tout cela.

Vous pouvez répéter la question ?

Une question est souvent glissée sous le tapis concerne l’inconvénient que représentent les milliers de tonnes annuelles de déchets nucléaires (constituant une subvention de cette technologie par les générations futures) que nous léguons pour des millénaires à nos descendants, pas tant en terme de nuisance (que personne n’ignore) mais plutôt en terme de mode d’emploi.

Nos déchets a longue durée de vie ne seront dégradés que dans plusieurs dizaines de milliers d’années.

Nous parvenons, avec peine, à comprendre ce que nos proches ancêtres (5 000 ans pour les égyptiens, 10 000 pour les celtes et 17 à 20 000 ans pour cro-magnon – Lascaux et Cosquer) nous ont laissé comme lecture, aussi j’ai quelques doutes quant à la nature de la documentation que nous allons laisser avec nos friches nucléaires pour éviter que les civilisations suivantes ne se grillent en les découvrant un jour en creusant un trou (si on compte 5 à 10 000 ans de durée de vie à une civilisation, on en aura bien une dizaine d’écoulées, ne comprenant plus notre écriture, d’ici là)
En cela, je ne suis pas vraiment certain que qui que ce soit des candidats au trône de France ne s’en soucie le moins du monde…

Ca Chauffe…

Chaque année, nous dépensons une cinquantaine de milliards d’euros en achat de carburants fossiles liquides ou gazeux. 20 ans de cet exercice, sur la base de cours inchangés, feront donc 1 000 milliards d’euros de notre balance financière interne purement et simplement brulés, et non pas investis en outil de production.
Ces carburants fossiles servent pour 50% à chauffer des bureaux et logements soit une facture de 500 Milliards sur 20 ans.

Le chauffage d’un logement par combustion d’un carburant fossile au 21e siècle devrait pouvoir, au moins pour une bonne partie, être remplaçable par du solaire thermique, dont les nombreuses expérimentations depuis les années 70 ont montré un fonctionnement des plus intéressant partout en France… même a Lille !
Transformer notre habitat sur un grand programme de 20 ans (ou plus) ferait donc économiser à la nation un flux d’argent de 500 milliards dans ce délai. Ces 500 milliards ne seraient-ils pas mieux utilisés en flux financier interne pour construire en France ces amélioration de notre habitat, et au passage de créer le plein emploi partout, au lieu d’en détruire en concentrant les quelques emplois nécessaires au sein des grands groupes ?

 Tous roulés…

L’automobile. Haaa ! L’automobile… On commence à nous gaver de voitures électriques, qui peuvent avoir un bénéfice secondaire “amusant” : S’agissant en fait de grosses batteries à roulettes, on pourrait les brancher en arrivant au bureau pour les recharger dans la journée, mais également chez soi le soir, pour donner du courant à son foyer (les batteries nécessitent de l’entretien du recyclage, et surtout doivent évoluer en technologie, les rendre amovibles serait une commodité offerte au passage…).

Ha, mais oui, comment produit-on cette énergie de recharge des batteries ? Aujourd’hui, cela ne fait aucun doute, avec du bon uranium bien de (heuuu….) chez eux… Pourtant, toutes les énergies renouvelables nécessitent d’être stockées. Rappelons qu’ici encore, le déficit de la nation inclus ces 20% de carburants automobile pour un total de 200 milliards d’euros sur 20 ans… jetés par la fenêtre.

L’intégralité de l’électricité équivalent au trajets automobile correspond à l’ensemble des toits des maisons individuelles transformés en photopiles (ou un mixte solaire, éolien, . . .). Le coût des photopiles seules est de l’ordre de 100 milliards, auxquels il faut ajouter l’installation, qui ici encore est un générateur de travail interne à la France dans l’univers du BTP.

Phase 1 : – 750 Milliards

Donc, solaire thermique pas cher, plus photopiles et batteries à roulettes transformerait déjà 70% des carburants fossiles en production autarcique et distribuée de l’énergie.

On pourrait même envisager de produire des photopiles chez nous pour charger les batteries a roulettes… Ha.. On me signale dans l’oreillette que nous avons déjà fait ca depuis les années 70, mais que l’on a mis au rebut de la centralisation pétrolière et nucléaire (Photowatt en étant le dernier cadavre en date)….

Du Jus ! Du Jus !

Sur un plan purement technique, je suis toujours épaté par le fait que produire de l’électricité, quel que soit le combustible, revient souvent à faire bouillir de l’eau, pour produire de l’électricité… qui servira à faire chauffer de l’eau 🙂

Sachons déjà que 20% de notre électricité est consommée par l’hérésie du chauffage électrique ou eau chaude domestique, qui au passage justifie presque la moitié de notre parc nucléaire du fait du pic du chauffage hivernal. On se demande clairement si ceci ne mériterait pas une transformation en chauffage solaire. Rien que par un effet mécanique de ce genre, on pourrait éviter de renouveler au moins une trentenaire de % de nos réacteurs en fin de vie… Ca mériterait surement réflexion… mais je dois être mauvaise langue 😉

30 autre % de notre consommation électrique sont constitués de nos habitudes de consommation, frigo, plaques, lave-tout, électronique … Ceci correspond à une production du même ordre que ce qu’il faudrait pour l’automobile (cf chapitres précédents). Nous voilà donc en devoir de doubler la taille de nos toits, ou dit autrement, équiper les toits des bâtiments collectifs et industriels. Ici aussi, une dépense d’une centaine de milliards de plus en investissement renouvelables tous les 20 ou 30 ans.

Bio-Boi

Dans les sujets traités, il manque une composante de production, s’agissant de tout ce qui est bio-carburant et biomasse en général.
Nous produisons actuellement 9 MTEP de bois chauffage, et 2 MTEP de biocarburants, ce qui est à l’évidence assez faible. Sans devenir jusqueboutiste, il est tout à fait concevable de zoomer modérément l’usage bois et d’améliorer plus substantiellement les biocarburants, tout en s’assurant que cela n’empiète pas sur d’autres besoins fondamentaux… alimentaires par exemple. 😉

De fait, la partie transport routier autre que les véhicules individuels consommant 10% des carburants fossiles (16MTEP), qui se prête moins bien à l’électrification pourrait fort bien continuer à utiliser leur motorisation thermique, bioadaptée… Nous serions encore ici en réduction significative de la consommation de fossiles.

Bon… Alors ?

Ceci n’est qu’une version trop compacte d’un scénario pris dans sa globalité pour transformer notre société sur une vingtaine d’années.

[important]

Les deux tiers de notre consommation de fossiles transformée en 20 ans et les deux tiers de nos pétards radioactifs non renouvellés sur la même période, sans que cela ne change nos habitudes, notre consommation, et réduisant plus que significativement notre déficit national… Cela ne mériterait-il pas qu’on s’y penche sans qu’il ne soit question de couleur politique ?

[/important]

J’ai volontairement sorti de cette synthèse les coûts de main d’oeuvre du BTP qui sont finalement une transformation du coût du social transformé également en travail pour tout le monde, en financement autarcique et fortement mutualisé avec le renouvellement classique du bâtiment, dès que l’on travaille sur des durées de 20, 30 ans ou plus.

Le principal problème est que tout ceci va à l’encontre des décisions centralisatrices des divers détenteurs de ce pouvoir centralisé. (Total pour le fossile, et EDF pour la Radio)

Notre système central est assez malin pour embrouiller les problèmes, en démontrant que malgré notre investissement en énergies renouvelables, notre balance financière s’effondre. Il est évident que l’investissement en électricité solaire et éolienne ne permet pas de modifier la balance commerciale de la France, tant que l’électricité nucléaire sera subventionnée par les générations futures qui paieront les démantèlement et stockages de déchets pendant 100 000 ans.

C’est bel et bien par la transformation de la dépense en carburants liquides et gazeux qu’on pourra financer une infrastructure de collecte de l’énergie, au lieu de continuer à financer une infrastructure de brulage des carburants des autres…

NDLR: Pour ceux qui souhaitent fumer un peu la moquette avec moi, la matrice globale de mes collectes d’information est ici (Francois2-FranceEnergie-v0.5 )…. Surement partiellement erronée et donc totalement ouverte à toute amélioration 🙂

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Commentaires»

1. ®om - novembre 16, 2011

Petite coquille :
s/l’argent crée l’argent/la banque crée l’argent/

2. ®om - novembre 16, 2011

Une dette et un déficit ne sont ni rose, ni vert, ni rouge. Ils sont une plaie pour nous tous, et ce n’est pas la pagaille des wanabee monarques pour 2012 qui y changera quoi que ce soit.

On ne peut pas parler de la dette sans parler de sa cause profonde : la création monétaire par le crédit, l’article 123 du traité de Lisbonne, les réserves fractionnaires, les intérêts.

Avec le système actuel, si nous remboursions toutes nos dettes, il n’y aurait plus d’argent (ce ne serait même pas possible car il y a plus d’argent dû que d’argent en circulation). Et c’est normal, l’argent EST une dette. Tout l’argent que vous possédez est dû par quelqu’un.

Lorsque vous faites un crédit à la banque (pour acheter une maison par exemple), la banque crée l’argent qu’elle vous prête ! Et elle se fait payer des intérêts sur cet argent qu’elle créé (intérêts qui ne pourront être payés que grâce à des emprunts futurs, puisque l’argent des intérêts n’a pas été créé pour les rembourser).

Si ce fonctionnement vous étonne, regardez ces vidéos : [url=http://www.youtube.com/watch?v=ZE8xBzcLYRs]Comprendre la dette publique (en quelques minutes)[/url], [url=http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news]L’argent-dette[/url] et [url=http://www.youtube.com/watch?v=_gXsDYN6zWI]L’esclavage moderne[/url].

3. ®om - novembre 16, 2011

Suite au commentaire précédent : tu as laissé passé la correction que j’ai posté concernant un commentaire qui n’est pas passé…

Trouvais-tu le commentaire initial trop hors-sujet ?

4. jerome - novembre 16, 2011

En parallèle, pour réduire le problème des déchets nucléaires tout en « recyclant » nos compétences industrielles, nous pourrions investir dans le nucléaire de 4ème génération, notamment les réacteurs à sel fondus fonctionnant avec du Thorium.

C’est la voie explorée aujourd’hui par l’Inde et la Chine mais abandonnée par la France qui se concentre sur l’EPR (qui est à la génération actuelle ce que l’EDGE était au GSM). Cela permettra
– de réduire le volume de combustible acheté (et de diversifier les approvisionnements, le Thorium est très abondant et et est souvent récupéré à partir des terres rares qui servent à fabriquer les panneaux solaires notamment),
– de réduire le volume des déchets et leur dangerosité
– de fludifier le fonctionnement des centrales grâce à un cycle continu (pas d’arrêt pour décharger les déchets)
– de brûler une partie des déchets existants grâce à la surgénération (déjà exploré avec Super Phénix)
– d’augmenter la sécurité des installations (sans l’éliminer)
Cela demanderait certainement une volonté politique forte dans le contexte actuelle, mais investir dans une nouvelle génération de centrales tout en maintenant la part du nucléaire dans la production d’énergie totale (autour de 33%) concilierait exigences économiques et écologiques.

Sinon au pire laissons les chinois et indiens investir dans la technologie, nous leur achèterons leurs centrales dans 10-20 ans.

5. Francois ][ - juin 11, 2015

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