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Ayants-Droit … et si l’Internet était une chance ? décembre 7, 2011

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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Depuis des décennies, on constate toujours deux modèles commerciaux d’écoute de la musique enregistrée :

– Une version payante, du rouleau, 78, 33, K7 aux CD (les RPNB = Rondelles Plastiques Non Biodégradables)

– Une version gratuite (enfin.. surtout payée autrement…) , radio AM, FM, DAB, … TSF quoi (de nos jours, TSF deviendrait plutôt Téléchargement Sans fil… mais je m’égare)

Les RPNB sont la base de l’équation économique des entreprises du disque, et ne semblait pas créer de problème dans l’acte d’achat par les consommateurs (modulo budget…), mais il n’en a pas toujours été  de même pour la version « gratuite« , toujours sous pression. On a pu le constater dans la mouture radios libres, qui souhaitaient diffuser ce qu’elles souhaitaient, en ne répondant pas aux besoin des majors, contrairement aux radios historiques dites « périphériques ». Force est de constater que le système a été « recadré », et que donc nous pouvons maintenant écouter sur les radios « ex-libres », la même chose que sur les historiques périphériques…
Depuis les premières versions de musique enregistrée, les habitudes d’écoute ont sérieusement changé. L’acte d’écoute s’effectuait initialement plutôt religieusement, dans son canapé, puis vint la mobilité des walkman, tandis que la radio, de lourde boiserie fixe s’est rapidement logée dans la voiture et dans la poche.

Premier accroc dans le modèle payant : la sympathique cassette : nouveau format, nouveaux types de lecteurs (ne sachant déjà plus lire les versions de RPNB du moment).
Qui plus est, cet horrible support se permettait d’enregistrer le contenu des bonnes vieilles RPNB. Panique a bord ! Vite appel aux politiques de tous bords. Et hop ! une taxe bien sur ! Comme disait notre cher Albert : un problème ? je l’escamote, plus de problème…

De plus, il va sans dire que si le passage du 33 a la K7 s’effectuait par une copie privée (éventuellement avec quelques échanges) pour protéger le support vinyle plutôt fragile, l’équivalent se passe encore plus facilement du CD au mp3, sans que la question de l’usure ne soit vraiment mise en cause aujourd’hui.

Quoi de neuf aujourd’hui ?

Du coté de la consommation, on est de plus en plus noyés sous des immondices de musique pour machine à laver, qui devient une commodité et non plus un plaisir d’écoute, tant en sédentaire qu’en mobilité.

Du coté des supports, une fois encore, les nouveaux lecteurs de musique savent encore moins gérer les RPNB, quel qu’en soit la dimension. Essayez de faire comprendre un SA-CD à votre iTruc. 😉
Il faut bien que l’industrie de la RPNB se fasse une raison, ce support est devenu aussi pertinent aujourd’hui que l’éclairage à la bougie ou qu’une Traban au Nurbergring…

 More Flooz !

Cela crée d’ailleurs un problème de fond chez ces acteurs, qui raisonnent toujours en chiffre d’affaire et pourcentages calculés sur un support physique, alors que nous arrivons aujourd’hui a une équation économique se passant de support, donc de production, de transport et de distribution. Ou plutôt, nous avons une toute nouvelle équation économique correspondant à ces maillons de la chaîne, dont les modèles financiers sont fort différents.
Ne nous y trompons pas, l’industrie du disque vit sur le métier de la copie de RNPB et non pas du contenu qui ne leur sert qu’à justifier la vente du support (en mauvaise langue, on pourrait même dire qu’on a vu du contenu pas forcément raffiné pour justifier ces ventes…) Mais voilà, maintenant, on nous explique que le support n’est plus nécessaire au transport de la musique et donc l’industrie des RPNB doit changer totalement de modèle.

Le consommateur n’est pas stupide : lorsqu’on lui explique que des gains peuvent être fait, pour améliorer les marges des entreprises, il finit lui aussi par se demander pourquoi il n’en bénéficie pas. Augmenter les marges du consommateur, ça s’appelle le pouvoir d’achat. Les tarifs que nous constatons aujourd’hui pour de la musique online étant toujours proche du prix de vente de sa version matérielle, pour maintenir leur chiffre d’affaire tant qu’ils le peuvent, alors qu’en revenant a la source, c’est a dire au contenu, et en protégeant le revenu des artistes, nous serions plutôt à un prix de vente plus proche de 2 ou 3 euros.

Le client final a donc rapidement compris qu’il y avait escroquerie dans l’affaire.

Peut-être aurions nous aussi oublié quelque chose … Après la grande mode de consommation des matériels de hifi en tous genres des années 70 et 80, base de cette consommation de RPNB, le consommateur s’est mis à acheter d’autres jouets (TV à écran plat, ordinateurs, téléphones, tablettes…) qui consomment tous d’autres formes de carburant. Et dans le même temps, devinez quoi, je n’ai pas vraiment vu l’augmentation du pouvoir d’achat. Les budgets ne se seraient-ils pas déplacés ailleurs que sur l’achat de RPNB.

 Un catalogue ? où ça ?

Pour ceux qui souhaitaient migrer vers les offres online, la réponse fut très simple… catalogue ne correspondant (et toujours pas vraiment) au catalogue hardware, plein de formats non lisibles par leur équipement, pleins de DRM (ou pas), des playlists (ou logs d’achats) pas compatibles les uns avec les autres… enfin, tout ce qui démontre que les acteurs de la commercialisation se préoccupent du consommateur comme de leur première chemise, consommateur qui, au final, le leur rend bien…

Ce contexte d’aveuglement des professionnels a créé une rupture de consommation qu’il ne fallait surtout pas déclencher. Faire machine arrière va maintenant être très très long… à supposer que cela puisse vraiment se faire.
Pendant ce temps, le catalogue intégral, lui se développe de manière répartie, sur des plateformes d’origines très variables et finalement très bien indexées par divers blogueurs de tous poils…

A l’origine vraiment gratuite, cette action s’est organisée et maintenant brasse des sommes d’argent conséquentes, grâce à la publicité et la rétribution des plateformes de direct download diverses, hors de notre contrôle…

Et alors ?

On peut bien sur filtrer tout le monde et les forcer à acheter des produits qui ne correspondent pas à leurs besoins opérationnels, ni à leur mode d’achat… cela finit en général pas bien et souvent dans la rue ce genre de figures imposées… On peut également comprendre ce que sont les modes de consommation et surtout, où sont partis les budgets des consommateurs…
On peut surtout éviter de croire que faire parler les avocats entre eux va donner une réponse au problème et plutôt expliquer aux diverses parties concernées qu’il faut ré-inventer un modèle dans lequel chacun trouve son avantage : Les artistes, les « transporteurs » et les consommateurs.

Sinon, cet écosystème sera mort pour un bon moment, et ne deviendra qu’un sujet épidermique dans toute discussion sur la culture et l’industrie des media.

[important]

Parce que pendant ce temps, deux modèles se mettent en place, sans aucun des acteurs de cet univers : Le modèle 1 (payant) devient celui d’Apple et le modèle 2 (gratuit.. donc payé autrement) devient tout aussi vite celui de Google

[/important]

Après cela, on laissera les cadavres des acteurs actuels allez négocier leurs « royalties » denier du culte avec ces deux mastodontes supra-nationaux qui se demanderont bien ce que peuvent vouloir ces fromages qui puent agitant les bras dans leur grotte périgourdine…

Pendant ce temps, on a bousillé tous les systèmes de kiosques dont nous disposions voici quelques années…

 Le TikSon

Bon, c’est bien joli tout ca, mais concrètement, que pourrait être un système capable de réunir les gens autour du sujet pour créer un nouvel écosystème.
Tout d’abord, qu’est-ce que chacun devrait pourvoir trouver dans un deal win-win-win-win ?

  • L’artiste, probablement des revenus de l’ordre de ce qu’il obtenait auparavant, puisque c’est bien le seul dont le coût de production n’a guère changé dans l’affaire.
  • Le producteur/éditeur/exMajor,  à l’évidence un revenu associé à une nouvelle usine de « pressage » de RPNB virtuelles, donc finalement, quelque chose autour d’un métier d’hébergement. (NDLR : François, ils vont t’arguer que découvrir / améliorer / promouvoir des talents coûte cher … et tu vas arguer que grâce à l’Internet, on n’en a pas besoin … ok, je me tais ;-))
  • Le telco, qui voit le client au bout de son tuyau , continuera à vendre son tuyau, avec un service premium, c’est toujours bon pour l’Arpu. (il suffit de voir comment ceux-ci réclament d’aller brouter dans le pré d’a coté…)
  • le consommateur enfin, verra toute l’offre, ne sera pas (trop) limité en consommation, tout en ayant une possibilité de choix de sa consommation selon son budget.

Mettre tout cela sous un concept de licence globale n’est pas forcément le moyen de stimuler le système, qui pourrait bien aboutir à un modèle au salariat soviétique, avec évidemment contrôle des auteurs « autorisés« … Qui plus est, dans un modèle international, cela me semble incomplet. Et finalement, cela existe quasiment, sous le nom de redevance audiovisuelle, qu’il suffirait d’étendre… pas sur que cela plaise vraiment au consommateur et probablement pas non plus aux autres maillons de l’affaire.
(NDLR: surtout qu’on n’a pas encore mis le doigt dans le mécanise de répartition de l’argent collecté, dont on se doutera que les mêmes choses reproduisent les mêmes effets et donc que l’argent ira vers celui dont on m’impose la diffusion plus que celui que je veux promouvoir / écouter).

Donc, une fois tout ceci mis dans une grande lessiveuse, imaginons un concept de compte de crédits de consommation multimédia, centralisé, un peu à l’instar d’un compte bancaire, virtuel, ou encore d’un Monéo qui marcherait et (parce que) adapté au business online… Ce compte serait rechargé tous les mois, en fonction de l’abonnement souscrit auprès de son opérateur de télécom, de quelques euros à beaucoup plus, et serait consommé a l’usage.

Quel usage ?

Et bien a chaque fois qu’on télécharge un contenu, qui devra bien entendu, être facturé au prix évoqué quelques paragraphes plus haut, c’est à dire plutôt dans la zone des 1 a 3 euros l’album (pour simplifier la compréhension de l’exposé).

NDLR : ceci aurait le mérite de pouvoir assouplir le business model, depuis la possession « illimité » jusqu’à la location temporaire (l’écoute 1 fois).

Comment charge-t-on le TikSon ?

Et bien avec des points, un peu comme du bon vieux temps des points Fina, grâce auxquels on avait le plaisir d’acheter un jeu de fourchettes en carton mâché ou des ballons pré-crevés 😉
Plus sérieusement, les points sont bien sur le montant de l’abonnement de base de l’opérateur, mais aussi des vouchers divers et variés, tels que ce qu’on pourrait trouver sur l’achat des Disques durs par exemple (puisque tel est l’objet de ces taxes), mais également auprès des fastfooders de tous poils , qui finiraient par en faire un argument marketing.. Chez Quikdo, 50 points TikSon offert avec le menu GerbiPlus !

Comment le consommateur trouvera-t-il sa musique ?

et bien par un procédé similaire à ce qu’il pratique aujourd’hui, il tombera sur plein de sites de commentaires en tous genres, qui indexeront tout et n’importe quoi, mais ces sites trouveront d’un seul coup un certain intérêt à répertorier l’url de download TikSonnée, puisque le site en question recevra une rétribution au titre de l’apport d’affaire… et l’url étant celle d’un proxy de contrôle/facturation des transactions, elle deviendra aussi facile à utiliser que maintenant, modulo un process vraiment pensé pour l’utilisateur, c’est à dire qui ne le renvoie pas à un site imbuvable, avec douze formulaires à remplir etc etc…

C’est pour quand ? 

A la fin, le moyen de restaurer un acte de consommation responsable est l’affaire de tous les maillons de l’affaire, qui ne peuvent pas se renvoyer la balle et qui vont devoir penser « parcours client » dans son intégralité, en intégrant le fait que cela ne se réalisera que si l’acte de paiement, qui constitue forcément l’étape la plus sensible, s’effectue de la manière la plus agréable et simple possible. Alors , on attend quoi ?

credit photos : poubelle, pognon, manufrance, mendiant, urss, Saint Glinglin

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Commentaires»

1. sam - décembre 7, 2011

quelle differences avec un mecanisme de micropaiement ?
quelle differences avec un mecanisme comme disons flattr ?

francois ][ - décembre 7, 2011

Au sens « mécanisme », c’est en effet tout a fait dans l’esprit d’un flattr (pour certains modèles de rémunération possibles), ou tout autre d’ailleurs…
Ce n’est pas tant la plateforme de micro-payement en elle même qui est l’objet de mon blabla (et qui n’est qu’une idée comme une autre d’ailleurs), mais plutôt le fait que TOUTES les parties doivent retenir un système homogène (cf cartes bancaires) sinon un morceau de système dans son coin est quasi mort (Deezer n’a décollé qu’intégré aux abos Orange par exemple, et il en va de même avec tous les autres modèles).
Un écosystème n’est pas seulement un « mécanisme » dans son coin, aussi génial soit-il malheureusement, mais un parcours client dans son intégralité.

2. tompouce - décembre 7, 2011

‘Soir,

Un « teasing » d’enfer réalisé par le maitre des lieux hier soir, une fébrile nuit d’attente, un report inattendu (arghh), je trépignais quasiment d’impatience.
Je m’attendais à du lourd, du trés lourd, à la limite de la révélation divine (bon, ok j’exagère un tantinet là), bref de l’Idée génialissime qui nous sortent grandi de la situation actuelle (voir climat et articles du week end dernier, ici même, chez reflets, numerama, pcinpact, spyou, jbfavre, non-droit, etc).
Ayé ! l’article est en ligne, je lis avec attention et avidité …

Comme je m’y attendais, je prend une claque, puis deux, puis un coup à l’estomac …
Je fini la lecture de l’article, j’ai les oreilles qui bourdonnent, une douleur/gène latente au creux de l’estomac, je me sens mal.

Pourtant, ça commençait super bien. Dans les grandes lignes (je ne maitrise pas ce sujet là), le constat liminaire me parait décrire la situation que je vois/perçois depuis un bon moment déjà.
C’est donc bien avec la proposition du « TikSon » que j’ai des problèmes.
Je lui reconnait le mérite d’exister (je ne suis pas en mesure d’imaginer une autre proposition), mais telle que décrite, je n’en veux pas et n’y adhèrerai jamais car je la trouve personnellement dangereuse et mauvaise.

Je vais essayer de clarifier mais je ne suis pas certains d’arriver à mettre des mots sur mon ressenti.

Mauvaise, car il est encore question de payer, certes une somme très modique, pour obtenir ce qui ne coûte rien a dupliquer et à distribuer en (très) grand nombre : des fichiers.
Oui, ça ne coûte pas rien dans un modèle de distribution centralisée, c’est pas pour rien que le P2P à été inventé.
Oui, l’enregistrement initial lui coûte (temps de studio etc), il coûte même d’autant plus cher s’il faut faire et refaire plusieurs prises et donc que l’artiste, le groupe, les musicos sont « pas bon du 1er coup » / perfectionnistes (oui, je sais celle-là elle est bien poilue mais néanmoins vraie, enfin il me semble).
Oui, il faut du temps pour créer/ réfléchir une oeuvre, c’est « du travail » … Il faudrait le rémunérer (toussa). Complètement d’accord, mais ho wait … ce temps nécessaire à l’acte de « murissage » de la création n’est il pas déjà nécessaire avant de monter sur scène ?? Pourquoi donc devrait-il être, même partiellement, pris en charge par ailleurs?

A mes yeux de jeune con trop naïf et « bisounour », un artiste ça se produit sur scène. Pour qu’il y ait un peu de monde dans la salle, il faut qu’il soit connu et pour qu’il soit connu il faut que le public puisse le découvrir avant, par divers moyens. La réalisation et la diffusion d’enregistrements n’est que l’un d’eux, la radio, la tv, etc en sont d’autres. Ce sont des « produits d’appel » pour ramener du monde aux spectacles vivants : les concerts.
Ce travail est classiquement confié aux majors (lesquels ne font rien gratuitement) auxquels les artistes « cèdent » la gestion et l’exercice de leurs droits (les majors sont donc « ayant-droit » mais par représentation et seulement parce que les artistes n’avaient guère d’autre choix jusqu’alors s’ils voulaient percer). Internet change ceci, les majors ne sont plus nécessaires (au moins dans cet aspect) les artistes devraient s’en réjouir et se libérer d’eux plutôt que d’en rester « esclave ». Rien ne les empêchent de vendre leur CD/DVD en ligne ou à la sortie des concerts.

Ce travail d' »enlarge your notoriety by majors » étant sous le sceau du commerce (car ayant un coût il n’est pas réalisé gratos), il ouvre naturellement droit à versement de droit d’auteur qui transitent par les majors (qui prélèvent allègrement dîme et gabelle au passage) avant d’en reverser le subside aux « ayant-droit véritables », les artistes qui touchent ainsi ce qui ne devrait être qu’un complément de revenu.
Si certains artistes choisissent de ne tenter de vivre que de leurs droits d’auteurs plutôt que de se fatiguer à monter sur scène, c’est leur choix et je le respecte mais qu’ils ne me demandent pas de l’assumer à leur place si les revenus ainsi collectés ne sont pas à la hauteur de leurs attentes.

Bon, j’ai un peu digressé, reprenons.

Mauvaise car il est encore question de perfuser indument cette industrie passéiste pour qui tout est bon pour protéger leur business et continuer à faire le maximum de pognon quitte à faire passer des lois délirantes, souvent liberticides et contraires à l’interêt général avec la complicité passive (voire active) des politiques (LCEN, DADVSI, HARJEL, HADOPI, LOPPSI, taxe copie privée, allongement droit d’auteur, etc etc).
Fallait-il interdire l’électricité pour protéger les marchands de chandelles ou l’eau courante pour protéger les porteurs d’eau ou encore fallait-il (plus trash) ne pas légaliser l’IVG pour protéger les faiseuses d’anges ?
J’ai lu (je ne sais plus où) que derrière certains majors se « cachaient » des fonds d’investissement et des « financiers » dont l’objectif principal est de maximiser le dividende (normal quoi), en gros des gens de la même eau que ceux qui jouent/spéculent avec nôtre économie pour « faire encore et toujours plus de pognon ».
Quand bien ce serait faux, j’ai toujours du mal en les entendant se proclamer « défenseur de la culture ».

A la multiplication des perfusions (sans contre partie pour nous), Je préfère, et de très loin la réponse Suisse : Le monde change, adaptez-vous ou disparaissez.

Mauvaise, car centralisée (aspect « anti Internet »)
Dangereuse car quelque part « nominative » donc le centre me connait et sait quelle culture me plait / j’achète. Ça c’est ma vie privée, je veux que ça le reste.

Enfin, mauvaise et dangereuse car il est question de « service premium », j’entends garder de l’Internet « best effort » et neutre (bisounour toujours, je sais) pour tout le monde, ça n’a plus de sens avec la proposition énoncée, d’autant plus qu’il est dit que les telcos (certains, tous ?) n’attendent que ça : pouvoir fourguer du « premium » (forcément) plus cher que le « classic » sur la même infra qu’actuellement.
Je crains d’avoir sous un autre nom et pour plus cher ce que j’ai déjà aujourd’hui. Ça ne fait que 14-15 ans que j’utilise Internet, j’ai appris à apprécier ce que j’ai, et je ne souhaite pas qu’on l’abime « pour faire plus de pognon avec ».
Si les « Telephonosaures » ont des problèmes de coût et de financement de leurs infras, qu’ils diminuent donc les dividendes juteux (brutalement ils vont avoir plein de sous pour faire du réseau) et si ça suffit pas qu’il facturent donc le prix que ça coute à faire/utiliser (la BP, mais sans marger dessus comme des gorets).

Voilà, en gros (et avec des bouts en plus) ce qui me déplait et pourquoi je ne peux pas adhérer à cette proposition.
A ma décharge, je suis encore un jeune canard idéaliste.

francois ][ - décembre 7, 2011

Tout d’abord, je précise, une fois encore, que le TikSon n’est qu’un concept visant essentiellement a obtenir de la part des diverses parties un système cohérent et répondant a un point d’équilibre de l’ensemble des parties , consommateur en tête, puisqu’à la finale, s’il n’y adhère pas, le système ne marche pas. Le plus important c’est l’aspect écosystème complet. Sinon cela ne marche pas (il suffit de voir la TechnoDiversité en ce domaine…)

Maintenant quelques réponses a chaud.

« Mauvaise, car il est encore question de payer, certes une somme très modique, pour obtenir ce qui ne coûte rien a dupliquer et à distribuer en (très) grand nombre : des fichiers. »

J’ai du ne pas m’exprimer assez clairement, puisque l’intégralité de mon propos visait justement a expliquer que la composante support ne coutait pratiquement plus rien aujourd’hui, et qu’il fallait penser a rémunérer le contenu. Je précise au passage que ce j’ai appliqué au contexte de la musique marche aussi bien pour les livres et d’autres types de contenus…

« A mes yeux de jeune con trop naïf et “bisounours”, un artiste ça se produit sur scène. »

C’est vrai, pour une partie d’entre eux. Les auteurs/compositeurs eux ne le font pas forcément, et ne vivraient donc pas de la scène en elle même. Et si on prend l’exemple des écrivains, je n’ai pas trouvé d’équivalent a leur prestation « live » .. théâtre peut-être ? 😉

« Mauvaise car il est encore question de perfuser indument cette industrie passéiste »

Relisez encore mon propos, qui n’a fait que rappeler a quel point cette industrie était obsolète… j’ai donc du ne pas l’écrire assez GRAS 🙂

« Dangereuse car quelque part “nominative” donc le centre me connait et sait quelle culture me plait / j’achète. Ça c’est ma vie privée, je veux que ça le reste. »

Je ne peux que comprendre ce débat, et il est parfaitement concevable de disposer d’un système le plus « étanche » possible, mais ce sujet serait a lui même un autre dossier entier… c’était d’ailleurs le cas dans notre bon vieux réseau Teletel… si cher a Benjamin 😉

« Enfin, mauvaise et dangereuse car il est question de “service premium”, j’entends garder de l’Internet “best effort” et neutre (bisounours toujours, je sais) pour tout le monde, ça n’a plus de sens avec la proposition énoncée, d’autant plus qu’il est dit que les telcos (certains, tous ?) n’attendent que ça : pouvoir fourguer du “premium” (forcément) plus cher que le “classic” sur la même infra qu’actuellement. »

Je ne vois pas le rapport. Je n’ai envisagé ici qu’un concept de kiosque de services, et absolument pas de service internet premium. Maintenant, si tu penses que vendre un service au travers de l’internet conduit a créer des « classes de services », c’est un tout autre sujet, qui n’est pas implicite de cette discussion sur les contenus.

Et je suis également aussi un sale vilain canard très très idéaliste avec quelques années d’internet aussi… 😉

3. mosquito - décembre 7, 2011

Excellente synthèse, qui a le mérite de rappeler la globalité du problème.
Et un style, comment dire… très appétissant !
Quoi, c’est déjà la fin de l’article ! M’sieur Cadburry, vous pourriez pas le faire…. ?

4. tompouce - décembre 10, 2011

Bonjour,

Tout d’abord, merci pour votre réponse, fut-elle « à chaud ».
Je note qu’elle ne vous aura pris qu’une petite demie heure alors qu’il m’a fallu des heures pour commettre « mon machin » précédent, preuve que tout ceci est encore très embrouillé dans mon esprit (au passage je souligne donc que ma compréhension du sujet peut être biaisée).

« un concept visant essentiellement a obtenir de la part des diverses parties un système cohérent et répondant a un point d’équilibre de l’ensemble des parties »
Je l’avait bien compris et suis d’accord :
=> « il faut ré-inventer un modèle dans lequel chacun trouve son avantage : Les artistes, les “transporteurs” et les consommateurs. »
Tous ceux d’importance sont là (OUI, TOUS !)

« il fallait penser a rémunérer le contenu »
C’est, je pense, la base de mon rejet de cette proposition, je développe (long).
A mes yeux, le contenu n’a pas à être rémunéré pour ce qu’il est. Le contenu c’est une « oeuvre de l’esprit » publiée. Dès sa publication, il devient « bien commun de l’Humanité » (je ne suis pas sur de la formulation mais je pense que vous saisirai ma pensée). Pour permettre à l’auteur d’assurer sa subsistance et créer de nouveau, le droit d’auteur introduit un monopole d’exploitation commerciale, au bénéfice de l’auteur, pour une durée limité (durée qui ne cesse d’être allongée sans contrepartie pour le public …).
Le contenu est donc déjà rémunéré si (et seulement si ?) il y a exploitation commerciale de l’oeuvre.
J’ose une comparaison (bancale), mon boulanger se lève très tôt pour faire acte de création lors de la fabrication de sa fournée, cet acte de création n’est pas en lui même rémunéré, mais il le sera par le produit de la vente. S’il ne vend rien, il n’est donc pas rémunéré pour sa création (si son pain est mauvais ou bien trop cher pour être acheté par exemple).

« Les auteurs/compositeurs eux ne le font pas forcément, et ne vivraient donc pas de la scène en elle même. »
Le droit d’auteur a, me semble-t-il, justement été créé pour eux : obliger les interprètes (acteurs) a verser une contribution aux auteurs (dramaturges) quand il font exploitation commerciale de l’oeuvre.
Les paroliers, compositeurs, dramaturges sont donc rémunérés par les chanteurs, musiciens, acteurs se produisant sur scène en représentation (pour peu que la représentation soit payante).
S’il n’y a pas exploitation commerciale de l’oeuvre, les interprètes ne font guère plus que participer à faire connaitre l’oeuvre de l’auteur et donc a augmenter sa notoriété.

Reste les écrivains (ceux dont l’oeuvre n’est pas destinée à faire l’objet d’une représentation scénique, les autres tombant dans le cas précédent). Je bute moi aussi sur ce sujet là (quoique).
Je ne conçois pas qu’il puisse y avoir rémunération de l’oeuvre si elle n’est pas publiée (j’ai, comme beaucoup, commis quelques mauvais vers étant ado, je n’ai pas été rémunéré pour autant).
Il ne peut y avoir exploitation commerciale de l’oeuvre que via le biais de la distribution de copie (je laisse volontairement de côté un éventuel commerce des manuscrits originaux).
Il n’y, à priori, pas (trop) de problème quand les copies sont matérielles (livres, revues, journaux, etc) les copies ont alors un coût de fabrication /distribution et sont donc vendues (sauf exception de prise en charge de ce coût par la pub). On est donc couvert par le droit d’auteurs « classique ».

Mais dans notre cas, la copie ne coûtant rien à produire /distribuer, je ne vois pas de raison valable d’obliger à payer pour l’obtenir (ou de ne pas pouvoir l’obtenir sans payer).

Pourquoi écrit-ton ? Pour fixer durablement une parole (par nature volatile) qui elle même n’est que l’expression orale (et donc partageable) d’une idée, d’une réflexion, d’un savoir (qui non exprimés demeurent intangibles)(partageable car « un qui dit et trois qui entendent » ça fait au final « quatre qui savent » et pas « 3 qui savent et un qui ne sait plus »).

Donc, l’écrit sert a fixer une idée ; pour soi-même afin de ne pas l’oublier (la liste des courses par exemple) ; pour partager cette idée avec autrui par delà la distance (échange épistolaire) ou par delà le temps (testament).
L’Humanité a progressé plus vite dans les sociétés de la culture écrite que dans celles de la culture orale (qui ont tendance « à perdre /oublier des choses » en route).
Écrire coûte, on ne le fait donc que pour ce qui le justifie (idée importante et à partager /transmettre).

Quand la volonté est de diffuser /faire connaitre cette chose importante on peux procéder de plusieurs manières (je n’en donne que quelques une) :
– arpenter le pavé (seul au début, puis éventuellement à plusieurs) en l’exprimant à tous les coins de rues (modèle prêcheur /conférencier)
– coucher le tout par écrit sois même (à la main) autant de fois que possible et placarder (fatigant, fait mal à la main, coûte cher en temps, en papier, en encre, en colle, …)
– disposer d’une armée de moines copistes et placarder (dilue le mal de main et la fatigue, va un peu plus vite)
– inventer l’imprimerie /la presse écrite et placarder (les moines copiste crient à la violation de monopôle ou à la concurrence déloyale)
– inventer la photocopie et placarder (les imprimeurs /journaleux font comme les moines copistes)
– écrire une fois (/enregistrer la conférence), publier sur Internet et twitter le lien. (tous crient au scandale même les papetiers et les fabricants de colle).

Donc quand l’objectif est la diffusion d’un savoir, d’une idée, d’une histoire, on a pas encore fait mieux qu’Internet.
(Pour la pérennité, la résistance dans le temps l’écrit /le livre semble quand même gagner « haut la main » mais Internet est bien trop jeune pour concourir dans la même catégorie)

Depuis quand un écrit a-t-il obtenu une autre finalité ?
Celle où il plus important d’obtenir rémunération que de le diffuser le plus largement possible ?
Ou plutôt de le diffuser le plus largement possible pour obtenir la rémunération la plus importante possible ?

J’ai le sentiment que c’est venu avec la presse à imprimer et surtout avec la presse écrite.
Bref à partir du moment où le coût de production /diffusion des copies a suffisamment baissé et donc à partir du moment où il a été fait commerce abordable du support (d’abord des livres puis des journaux), pour pouvoir accéder à son contenu. Après l’instauration du droit d’auteur, certains se sont découvert auteur et se sont mis à écrire dans la finalité d’y gagner un revenu.
J’ai le sentiment que c’est à partir de là, qu’on a commencé à écrire et à publier autre chose que des « trucs sérieux, importants, à transmettre ». Je pense par exemple aux romans, publiés sous forme de feuilletons dans la presse par exemple (probablement payés à la pige avant d’être publiés pour eux même sous forme de recueils).
Je ne dénigre pas ces écrits, certains sont très bons, distrayants ou encore véhiculent des idées déguisées, des critiques de nos sociétés, etc, etc. Je pense juste qu’ils n’auraient probablement pas vu le jour sans une baisse drastique du coût de production /diffusion des copies et donc du prix de vente des copies.

Indépendamment de la qualité intrinsèque de l’écrit (ressenti très subjectif), je vois deux sortes d’auteurs :
– les « artistes » qui ont des choses à dire, faire savoir, diffuser ; ceux là continuerons à écrire même sans garantie de rémunération en retour car c’est un besoin impérieux pour eux.
– les « artisans » pour qui noircir du papier est un métier plus qu’une vocation et ne se fatiguerons pas à le faire s’il ne touchent pas des pépètes pour le faire.

Les premiers continueront à publier (gratuitement sur Internet, avec ou sans pub) leurs écrits, à toucher un public, à avoir la possibilité de plaire, de susciter l’intérêt et donc de toucher un public de plus en plus large … voir être édités et publiés sous le format plus classique du livre.
Je ne pense pas être une exception, quand on m’offre gracieusement un truc qui me plait, j’ai tendance à devenir donateur /mécène (si la possibilité m’est proposée et si je peux financièrement) pour en avoir encore /d’autre, voire a acheter l’exemplaire papier s’il existe.

Les seconds se plaindront que le papier se vend mal /pas aussi bien qu’ils voudraient et que les premiers leur font une déloyale concurrence.

Reprenons.
« Relisez encore mon propos, qui n’a fait que rappeler a quel point cette industrie était obsolète… »
Je l’avais bien noté, puisque nous sommes à priori d’accord sur le fait qu’ils sont obsolètes, dépassés, passéiste et donc plus que jamais « non nécessaire » et comme j’ai le sentiment que leurs gesticulations sont de plus en plus dangereuses et nuisibles pour nos libertés, nos droits (fussent-ils constitutionnels), nos sociétés démocratiques, etc, etc d’où ma surprise quand il s’agit de continuer à les perfuser :
=> « Le producteur/éditeur/exMajor, à l’évidence un revenu associé à une nouvelle usine de “pressage” de RPNB virtuelle »

En ce qui me concerne, c’est un NON catégorique, j’en suis tellement dégouté par leur attitude que je regarde quelle est la maison de disque avant d’envisager de débourser le moindre sou quand un album me plait. En général je repose ledit album et je me le procure autrement (seconde main, prêt + rip, p2p, ddl, peu importe).

Ils ont très largement dépassé les bornes de l’acceptable, je refuse catégoriquement de verser le moindre argent à ces gens là ! Mais ils ont trouvé le moyen de venir me taxer quand même ! J’ai donc doublé le montant de mes dons aux restos du coeur pour pouvoir déduire le montant du coût de la carte musique jeune. Mon budget « culture » va intégralement ailleurs (resto du coeur, mécénat, LQDN).

« Je ne vois pas le rapport. Je n’ai envisagé ici qu’un concept de kiosque de services, et absolument pas de service internet premium. »

Ah ? ben j’ai mal lu alors, ce passage me semblait pourtant dire exactement ça :
« Le telco, qui voit le client au bout de son tuyau , continuera à vendre son tuyau, avec un service premium, c’est toujours bon pour l’Arpu. (il suffit de voir comment ceux-ci réclament d’aller brouter dans le pré d’a coté…) »

Ceci me semble quand même « offrir sur un plateau » une opportunité voire une justification pour flinguer encore un peu plus la neutralité du net : « c’est pour sauver la culture » (et comme toujours mais c’est annexe « et lutter contre les anarcho-pédo-nazi-chinois »).

Je n’attend rien d’autre de mon telco qu’un tuyau neutre vers Internet, c’est pour ça que je le paie, rien de plus mais surtout rien de moins.

Bon, un kiosque de service … ok, un truc comme DM, YT, MV, MU, FS … ? ou plutôt comme TPB ou similaire ?
Les premiers sont dangereux (centralisateurs), le « machin nordique » c’est mieux.

Bon j’ai quand même relu plusieurs fois l’article et plus spécialement le passage sur le TikSon, j’avais mal saisi certaine choses.
Mais, j’ai beau le tourner dans tout les sens il ne trouve pas grâce pour autant à mes yeux.

L’opérateur serait donc intermédiaire de facturation (j’ai bon ?).

Soit le TikSon est obligatoire quelque soit l’opérateur et alors c’est une taxe /subvention /perfusion sur l’opérateur, ce qui est parfaitement inacceptable à mes yeux (l’opérateur devra assurer la gestion des comptes TikSon de ses clients puis verser le montant aux majors ; le major gagne une perfusion de plus et le client obtient lui le « droit » de télécharger quelques fichiers qu’il enregistrera sur son support déjà assujetti à la taxe copie privée).
D’une manière ou d’une autre l’opérateur et/ou Quikdo répercutera le coût induit sur le client.

Soit le TikSon est optionnel (mais sa gestion aura quand même un coût pour l’opérateur) et ça revient, puisque limité en volume, a payer pour des fichiers plutôt qu’un service. Service néanmoins centralisé et potentiellement attentatoire à ma vie privée.

Mouais, ben je trouve pas ça sexy.

francois ][ - décembre 11, 2011

Je ne suis pas sur de comprendre votre approche, et donc j’essaye de résumer quelques points clef mes interrogations :
« le contenu n’a pas à être rémunéré pour ce qu’il est. …/… le contenu est donc déjà rémunéré si (et seulement si ?) il y a exploitation commerciale de l’œuvre. »
« la copie ne coûtant rien à produire /distribuer, je ne vois pas de raison valable d’obliger à payer pour l’obtenir  »
-> N’y aurait-il pas contradiction ici ? D’un coté vous dites que le contenu est rémunéré s’il y a exploitation commerciale, et d’un autre coté vous refusez de payer l’exploitation commerciale (la diffusion) par quelque moyen que ce soit ? Comment un auteur pourrait-il commercialiser son œuvre alors ?

Ce qui m’ennuie globalement dans votre propos, c’est que sous prétexte que l’œuvre est dématérialisée, vous considériez qu’elle ne coute rien. On est d’accord que cela est globalement vrai pour la composante support qui a disparu, mais le contenu en lui même a toujours une valeur que l’auteur/écrivain/… aimerait surement continuer a placer, ne serait-ce que pour bouffer. Sinon, pour reprendre l’exemple du boulanger, si on ne mange pas de pain, il n’y en aura plus 😉

En ce qui concerne le TikSon, qui je rappelle est plutôt l’établissement d’un contexte opérationnel, il doit comporter les fonctions/métiers suivants :
– un compte coté « auteur », histoire de recevoir les quelques euros de ceux qui daigneront rétribuer sa création 😉
– une plateforme de download’ , qui a mon avis devient le nouveau métier des majors (et qui sera facturé dans l’affaire a un prix correspondant a ce métier (il suffit de regarder en effet les couts de production des RS, MU, …)
– un système de monétisation en lui même (on peut opter pour n’importe lequel…), ce système étant un janus étanche, c’est a dire qu’en effet, il connait d’un coté les clients, et de l’autre coté les « marchants » mais n’est pas sensé faire du « marketing/flicage » 😉
– un compte client final. Ici, deux options se font jour, soit c’est un compte individualisé, auquel cas on se retrouve complètement dans un système à la paypal (ou autres), soit on peut éviter que le client n’aie besoin d’ouvrir spécialement un compte (ce qui peut rendre encore plus transparent/indolore l’acte de paiement), et l’opérateur peut simplement ajouter des lignes de prestations, tout comme il le fait actuellement pour les services a valeur ajoutée en 089x par exemple. (c’est un peu internet+). La recharge peut s’effectuer soit par la logique d’abonnement , mais tout aussi bien a partir de points a gagner dans n’importe quel jeu, par transfert d’un compte a un autre, etc etc.. c’est pour cela que je parlais d’un « moneo » débuggué, car ce compte est une option de ce qui existe,, et non pas une ligne prélevé sur un quelconque forfait de base. C’est bien une option de service.
– j’ajouterais également une 5e partie, nécessaire a l’amorçage de la pompe, s’agissant des « référenceurs/blogueurs ». Ceux-là même qui aujourd’hui indexent les contenus d’origine incertaine, simplement parce qu’ils touchent 30$ tous les 1000 chargements de la part de FS 😉

Encore une fois, je n’invente rien du tout, tous les composants sont disponibles actuellement, plus ou moins bien finis, mais ils sont isolés chacun de leur coté. Aucun travail n’a été effectué pour mettre en place un nouvel écosystème correspondant aux nouveaux usages.
Même dans un réseau de distribution historique, chaque nouveau produit nécessite de bien être pensé pour pouvoir être commercialisé, et ici, personne n’a pris la peine de comprendre qu’il fallait que toutes les parties repensent l’intégralité de la chaine pour que cela marche, s’agissant d’un tout nouveau mode de distribution. Chacun se contente de tirer sur le voisin en prétextant que c’est a lui de faire le travail. Cela ne marchera que si tous sont autour de la table.

5. tompouce - décembre 11, 2011

Bonjour,

« N’y aurait-il pas contradiction ici ? »
Euh, peut être, mais pas sûr du tout. J’essaie d’être le plus clair possible, mais je ne peux garantir y parvenir, aussi mes propos peuvent-ils paraitre contradictoires « à l’insu de mon plein grès ».

« D’un coté vous dites que le contenu est rémunéré s’il y a exploitation commerciale, et d’un autre coté vous refusez de payer l’exploitation commerciale (la diffusion) par quelque moyen que ce soit ?  »

Je refuse effectivement de payer pour ce qui ne coûte rien (la création /diffusion des copies de fichiers).
Ou qui n’a un coût (modique) que par simple volonté /choix du modèle de distribution (usage de codec /format proprio, distribution centralisée plutôt qu’en p2p).

Jusqu’à présent, quand il-y-a exploitation commerciale d’une oeuvre, on fait commerce des copies /du support et non de l’oeuvre qui est dessus. Parce qu’il ne serait « pas juste » que les fabricants /distributeurs / vendeurs de copies s’enrichissent au dépend /en profitant du travail de l’auteur celui-ci est « intéressé » au produit de la vente des copies /du support.

C’est également le cas pour le cinéma, le théâtre où ce que je payais (quand j’y allais encore) ce n’était pas « le droit de voir » la représentation de l’oeuvre, mais ma place assise. Le propriétaire de la salle commercialise donc son infrastructure qui n’a d’attrait que pour ce qui se passe sur scène (qui irait s’assoir pendant deux heures dans une salle de spectacle où il ne se passe rien ? (sauf, évidement, en cas de canicule pour profiter de la clim 🙂 )
Je paie donc ma place (et seulement ma place) à l’exploitant de la salle (« marchand de place ») qui lui même reverse une part aux interprètes se produisant sur scène (ou aux studio du film) qui eux même renversent une part aux auteurs.

Je n’ai pas de problème avec ce modèle, je ne paie jamais que pour du tangible.

Un auteur dont la création n’est pas publiée (rendue public), ne touche rien.
Si elle est publiée (alors, de fait, elle appartient au public), mais que les copies ne se vendent pas ou qu’elle n’est pas représentée (parce qu’elle est « mauvaise », qu’elle ne plait pas, ou toute autre raison, peut importe), l’auteur ne touche rien ou quasiment rien.
Si, publiée, elle rencontre du succès et que son exploitation commerciale génère du pécunier (les copies se vendent bien, les représentations brassent un large public, etc) alors l’auteur reçoit une part du pécunier généré.

L’auteur n’est pas payé pour sa création mais parce qu’il y a création de valeur pécuniaire du fait de la représentation de sa création.

C’est subtilement mais néanmoins fondamentalement différent.

« Comment un auteur pourrait-il commercialiser son œuvre alors ? »
Mais ils ne l’ont jamais fait, ce qui est fait c’est la commercialisation des copies, /supports / infrastructures permettant les représentations, /des droits d’usage (dans la pub), etc.

Ce que nous vendent à prix d’or les fabricants /marchands de « culture en boite », c’est la boite ! pas l’éventuelle culture qu’il y a dedans ! (d’où la tendance à nous fourguer des boites « vide », du moment qu’ils nous fourguent la boite …).

Une oeuvre, c’est une idée (une somme d’idée), c’est immatériel, reproductible à l’infini, ça n’a donc pas de valeur marchande, sa valeur est toute autre, elle est culturelle.

La culture, ça ne se mesure ni au pied à coulisse telle une vulgaire tuyauterie ni au poids ou au volume.

« Ce qui m’ennuie globalement dans votre propos, c’est que sous prétexte que l’œuvre est dématérialisée, vous considériez qu’elle ne coute rien. »
Elle n’a, à mes yeux, effectivement pas de valeur marchande en elle même.
Sa valeur est ailleurs et d’une toute autre nature, c’est par exemple l’émotion qu’elle suscitera, le « voyage » qu’elle me fera faire, les souvenirs qui ressurgiront à l’écoute d’une musique, etc, etc.

« le contenu en lui même a toujours une valeur que l’auteur/écrivain/… aimerait surement continuer a placer, ne serait-ce que pour bouffer. »
Ce que vous dite (enfin me semble-t-il), c’est que l’auteur doit produire et être payé en retour pour subsister, je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision car elle induit une marchandisation de l’acte de création et pousse l’auteur a être un « pisse-copie » plutôt qu’un artiste.

Je préfère dire que l’auteur doit subsister pour avoir la possibilité de faire (encore) acte de création.
Ce qui induit que l’activité de création n’est pas nécessairement son activité première ou principale (personne n’est forcé d’être auteur /créateur (enfin, sauf les « artistes » pour qui créer est un besoin impérieux)).

La question devient alors comment assurer la subsistance de l’auteur pour qu’il puisse créer.
Il est bien question des auteurs et non des interprètes qui eux sont sensés se produire sur scène pour manger.

On ne peut décemment pas dire qu’il n’y avaient pas d’auteurs avant l’instauration du droit d’auteur mais alors comment diable faisaient-ils pour manger ??

C’est pourtant simple, certains (bcp?) mangeaient mal, ce qui n’est guère enviable, j’en conviens.
D’autres avaient une activité de subsistance annexe ou principale.
Les plus chanceux avaient un(des) mécène(s).

Il n’est plus question d’entretenir, à taux fixe et pendant une durée indéterminée, un auteur en attendant qu’il crée … Certains auteurs sont « productifs » d’autres moins (indépendamment que le « qualité » de la chose créée).

Je l’ai déjà dit, si j’aime ce qu’un auteur a fait, j’ai tendance à le « subventionner » pour qu’il puisse consacrer plus de temps à sa prochaine création et m’en donner encore.

En somme, je ne paie pas pour ses créations passée mais plutôt pour qu’il puisse consacrer du temps à ses créations futures, que je ne paierai pas non plus.

Je le redis encore autrement, un créateur qui me donne du plaisir avec ces créations, je lui offre du temps pour en créer d’autres et avoir encore du plaisir.

Les mots importants sont bien : « donner du plaisir » « offrir du temps »

Tout ceci n’empêchent en rien une éventuelle exploitation commerciale à travers la vente de copies physiques, de droits d’adaptation au cinéma, de droit d’exploitation divers et variés qui débouche alors sur le versement de droits d’auteur (si générant du pécunier).

« Sinon, pour reprendre l’exemple du boulanger, si on ne mange pas de pain, il n’y en aura plus »
Certes, et alors ? Il n’y a guère plus non plus de maréchaux-ferrants dans nos villes, ni de porteur d’eau, ni d’écrivain public (salaud de J.Ferry ! qui en apprenant au peuple à lire et écrire a tué le business des écrivains public …).
Répondre à un besoin qui n’existe pas /plus n’est pas garant d’avenir.
Les « ayant-droit » (par représentation) refusent de l’entendre et continuent à nous « braquer un flingue sur la tempe ».

Curieusement je ne me fais aucun soucis pour l’avenir des auteurs et interprètes de toutes sortes ! Tant qu’ils auront un public (et pour avoir un public il faut se faire connaitre et aimer de lui sans se le mettre à dos, et donc diffuser ses oeuvres, même gratuitement (surtout gratuitement puisque la diffusion est gratuite elle aussi), ils auront des revenus (peut être plus réduits qu’aujourd’hui et encore ce n’est même pas certains une fois que les « parasites intermédiaires » ne prélèverons plus leurs dîmes).

Revenons au TikSon.
Outre ce que j’ai déjà évoqué, un des aspects qui me déplait le plus, c’est cette volonté de transposer le modèle actuel (basé sur le commerce et la vente de copies physique) dans le « monde de l’immatériel ».

Au louable prétexte que vendre à l’exemplaire (ce qui ne coûte plus rien et permet donc une confortable marge) permet, grâce au droit d’auteur, d’assurer un revenu à l’auteur/artiste/interprète (j’en conviens, mais seulement parce que la loi oblige le marchand à le faire) ceci permet surtout de maintenir, une chaine d’intermédiaires (parasites) entre le public et l’auteur/ artiste (au prix de la mise en oeuvre d’une nouvelle « usine à gaz » supplémentaire qui aura nécessairement un coût).
Ne prenez pas péjorativement l’usage du terme « usine à gaz », je ne trouve pas vraiment d’autre terme pour désigner le TikSon et toute l’infra nécessaire à son fonctionnement.

Ce qui revient, en donnant une valeur marchande à ce qui n’a pas de raison d’en avoir (un bien culturel sans support), à le rendre (financièrement) inaccessible à une part importante de la population qui, en ces temps de crise, consacre plutôt son maigre budget à des besoins plus impérieux (se nourrir, se vêtir, se loger) qu’a se cultiver (rester vautré devant « Propagande 1, 2, 3 ou 6 » ce n’est pas se que j’appelle se cultiver).

Enfin, ces « salaud de pauvres », ayant épuisé leur forfait TikSon continuerons de « pirater », parce que le propre de l’Homme, c’est d’être avide de Culture, la Culture étant une chose des plus addictives.

On continuera donc à leur faire la chasse « au nom de la défense de la culture » (vaste blague) plutôt que d’afficher qu’on cherche surtout à (encore) préserver les intérêts des « parasites intermédiaires ».
On favorisera donc encore les mafia qui, comme du temps de la prohibition, permettront au public de satisfaire son addiction.
Du coup on fermera la frontière avec le Canada, on fouillera tout les véhicules, on contrôlera minutieusement les identités … etc, etc, Cauchemardesque ! mais néanmoins déjà « sur nos écrans » tous les jours !

Et si, à la place, on rétablissait une démocratie plus vraie, qu’on abrogeait ces lois délirantes et liberticides, qu’on renvoyait ces « parasites intermédiaires » à leur places (humm dans un musée) et qu’on renouait une relation de confiance et de respect mutuel entre les deux seules entités vraiment importantes dans l’histoire : le public et les artistes (auteur/interprètes).

Allez, chiche !

Haaa, on me souffle dans l’oreillette qu’avec une épouse chanteuse, un fils producteur, un/des ministres noircisseur de papier et quelques proches « intermédiaires », c’est pas prêt d’arriver dans la vraie vie, ben dommage.

francois ][ - décembre 11, 2011

Vous me semblez partir sur une base un brin erroné en ce qui concerne les flux financiers vers les auteurs.

« Jusqu’à présent, quand il-y-a exploitation commerciale d’une œuvre, on fait commerce des copies /du support et non de l’œuvre qui est dessus. Parce qu’il ne serait « pas juste » que les fabricants /distributeurs / vendeurs de copies s’enrichissent au dépend /en profitant du travail de l’auteur celui-ci est « intéressé » au produit de la vente des copies /du support. »
Rappelons qu’a chaque reproduction d’une œuvre, une partie du prix de vente est reversé a l’auteur au travers de la SDRM par exemple s’agissant des RPNB.

« C’est également le cas pour le cinéma, le théâtre où ce que je payais (quand j’y allais encore) ce n’était pas « le droit de voir » la représentation de l’œuvre, mais ma place assise…. »
Ici également, chaque représentation d’une œuvre implique un reversement aux auteurs, par des mécanismes similaire aux RPNB

« Si elle est publiée (alors, de fait, elle appartient au public), mais que les copies ne se vendent pas ou qu’elle n’est pas représentée (parce qu’elle est « mauvaise », qu’elle ne plait pas, ou toute autre raison, peut importe), l’auteur ne touche rien ou quasiment rien. Si, publiée,  elle rencontre du succès et que son exploitation commerciale génère du pécuniaire (les copies se vendent bien, les représentations brassent un large public, etc) alors l’auteur reçoit une part du pécuniaire généré. »
Donc vous affirmez que l’auteur reçoit de l’argent de ce qui est commercialisé, et vous expliquez qu’il ne faut pas le rémunérer quand le support physique change de forme pour devenir virtuel.
Que le mode de diffusion change est une chose, et la composante qui doit être remise en cause est celle concernant les couts physiques ou logistiques, puisque’ ils disparaissent, mais la composante revenant aux créateurs n’a elle aucune raison de s’évaporer pour autant.

« Je l’ai déjà dit, si j’aime ce qu’un auteur a fait, j’ai tendance à le « subventionner » pour qu’il puisse consacrer plus de temps à sa prochaine création et m’en donner encore.
En somme, je ne paie pas pour ses créations passée mais plutôt pour qu’il puisse consacrer du temps à ses créations futures, que je ne paierai pas non plus.
Je le redis encore autrement, un créateur qui me donne du plaisir avec ces créations, je lui offre du temps pour en créer d’autres et avoir encore du plaisir.
Les mots importants sont bien : « donner du plaisir »  « offrir du temps, Tout ceci n’empêchent en rien une éventuelle exploitation commerciale à travers la vente de copies physiques, de droits d’adaptation au cinéma, de droit d’exploitation divers et variés qui débouche alors sur le versement de droits d’auteur (si générant du pécuniaire). »

Bon, reprenons au début… C’est justement la disparition de ces copies physiques (livres, RPNB …) que vous appelez exploitation commerciale qui est l’objet de cette discussion.

« Sinon, pour reprendre l’exemple du boulanger, si on ne mange pas de pain, il n’y en aura plus »
« Certes, et alors ? Il n’y a guère plus non plus de maréchaux-ferrants dans nos villes Sisi, ils s’appellent Midas, et installent des pneus de nos jours 😉
Répondre à un besoin qui n’existe pas /plus n’est pas garant d’avenir.Le besoin n’a pas disparu, seule la RPNB va disparaitre, l’œuvre véhiculée me semble toujours capable d’intéresser des consommateurs, non ?

« Revenons au TikSon. Outre ce que j’ai déjà évoqué, un des aspects qui me déplait le plus, c’est cette volonté de transposer le modèle actuel (basé sur le commerce et la vente de copies physique) dans le « monde de l’immatériel ».
Justement, l’objet consiste a diffuser des œuvres sans support, et a n’en récolter que la valeur financière sans la surcharger de l’historique physique. Et on peut parfaitement imaginer divers modes de reversement (forfaits, catalogues all inclusives, acte, gratification.. tout est concevable). Il faut considérer ceci comme ce vous définissez comme marque d’appréciation des créateurs qui vous conviennent 😉

« Enfin, ces « salaud de pauvres », ayant épuisé leur forfait TikSon continuerons de « pirater », parce que le propre de l’Homme, c’est d’être avide de Culture, la Culture étant une chose des plus addictives. »
Peut-être, mais ce n’est pas si sur, et ce serait de toutes façons moins pire que rien du tout.

Je comprends donc que votre approche des écrivains auteurs, compositeurs et autres créateurs de tout poil est très différente de celle dont je parle, et que dans votre cas, tout devrait être gratuit, y compris pour ceux qui créent , écrivent etc… Et que pour les rémunérer, et bien… bon.. et bien on verra… Avec un tel postulat, en effet, toute réponse organisée reste plutôt difficile.
Je préfère donc en rester a un scénario d’écosystème ou l’ensemble des parties trouvent un nouveau point d’équilibre satisfaisant toutes les parties dans leur nouvelle « version » adaptée au nouveau contexte dématérialisé.


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