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Valeur perçue / valeur réelle : jusqu’ici tout va bien, ou presque juillet 20, 2012

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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Petit touitte qui a retenu mon attention ou plutôt orienté ma lecture vers un article au demeurant intéressant, sur la notion de valeur perçue et valeur réelle. Ceci dit, pas grand chose de nouveau, on connaissait déjà ce genre de dichotomie et ses effets pervers dans la distribution. (prix public / prix marché)

Mais plus que le prix, il est intéressant, comme suggéré de revenir à la notion de VALEUR et là, cela commence à vraiment poser problème. (on en revient à mon billet précédent)
On passe forcement à coté de l’essentiel : LE SENS.

A rechercher toujours moins cher, outre ma sacro sainte notion de rapport qualité / prix, outre le fait que l’on ne comprend pas véritablement les efforts qui sont derrière ce qui nous est vendu et les intérêts économiques supérieurs qui sont servis, on oublie assurément que nous vivons ensemble et avons un devoir de responsabilité envers l’écosystème qui nous a permis d’exister.
On nie même la capacité d’exister à d’autres valeurs. On habitue le marché à ne pas payer la vraie valeur des choses et progressivement on lui en donne pour son argent. On repousse à des marchés de niche, on marginalise, la qualité. Et pire, il arrive un jour où le marché ne veut pas payer et qu’il s’étonne d’en avoir pour son argent et là, tout se grippe.

Et oui … je ne vais pas vous faire le 1/4 d’heure écologique nécessaire, mais force est de s’interroger sur le sens d’un monde qui pousse à nous transformer en consommateur passif oisif et à faire faire aux autres les tâches les plus ingrates en repoussant notre inacceptable loin de nos yeux et de nos oreilles. Il en va de l’exploitation des terres rares, de l’énergie, de la gestion des déchets, de la fabrication comme du reste.
Et quand nous en revenons à notre pays, que reste t’il ?

Et donc ?

Bien sûr que les opérateurs mobiles auraient pu (mieux) anticiper l’arrivée de Free, tout comme les constructeurs informatique / mobiles, celle d’Apple. Bien sûr que rien n’est trop tard et qu’il y a encore beaucoup de travail à faire AVEC SENS. Bien sûr que l’on ne peut pas se satisfaire d’un « c’est bien fait pour eux », « ils s’en sont tellement mis plein les poches » pour oublier que lorsqu’ils toussent, c’est nous, les sous traitants, les PME, l’écosystème du numérique … qui buvons la tasse.

A travailler à la Chinoise, toujours moins cher grâce à des règles différentes, on en fini toujours par trouver son maître. Le Chinois, c’est celui qui va vendre à -30% de notre prix d’achat. Les opérateurs Télécoms classiques auraient-ils trouvé leur Chinois et ne l’auraient ils compris que trop tard ?

Alors bien sûr, ce genre d’aiguillon est salutaire et permet à un marché d’éviter de s’endormir dans des habitudes surannées pour ses clients. Mais d’un autre coté, il est indéniable que l’impact économique, est certain, du moins quand on voit le coup de frein qui est donné à des projets et des investissements. A juste titre ou non, je ne cherche pas ici à entrer dans ce débat. Je ne fais que constater. Le pire n’est pas sur les quelques centaines ou milliers d’emplois qui seront ré-orientés proprement, aidés par l’état et la capacité financière de ces grands groupes. Ici, le pire est l’incidence sur l’activité de centaines (milliers ?) de PME, actuelles et en devenir, qui n’ont pas toutes les bouées nécessaires pour continuer de flotter dans la tempête.

Et lorsque je croise tout ce que je vois avec ce que je sais du niveau de crédit et de la confiance des banques envers les PME, je suis particulièrement inquiet pour notre tissus économique pour la rentrée. Ce qui explique mes appels et recommandations envers nos politiques. C’est bien de recevoir les 4 opérateurs, mais c’est la partie visible de l’iceberg. La fonte des glaces est peut être plus visible en haut, mais faites attention à la partie immergée. C’est la base.

Mais il y a pire …

Prenez ma remarque de façon positive et non raciste s’il vous plait. Je dis qu’il y a pire que de vouloir faire moins cher que le moins cher. Il y a pire que la méthode Chinoise … c’est la méthode Indienne. Celle qui peut et va déstabiliser tout le système. Ce n’est pas 30% moins cher, mais 30% du coût de … fabrication du Chinois.

Espérons que nous saurons retrouver le sens de l’intérêt général pour ne pas faire surgir l’Indien qui tuera Free ou qu’il ne devienne celui là.

Oui, payer des dividendes boursiers n’est pas une fin en soi et quand il s’agit d’un but :  une hérésie. On ne devrait JAMAIS être dans les mains des financiers. Et là aussi je sais de quoi je parle. Je connais les sacrifices qu’il faut faire pour y parvenir. MAIS .. tuer l’offre qualitative plasma d’un Panasonic ou d’un Pioneer sous prétexte que le marché veut acheter sa télé pas cher, c’est tirer vers le bas, aussi surement que vendre de la musique encodée à 64 Kbps. Cela a permis à UN acteur d’émerger, mais parce qu’il avait mis la qualité ailleurs que dans « la matière première » qu’il ne contrôlait pas encore et n’a pas hésiter à lourdement investir pour faire la différence. Et encore, ce dernier CONTROLAIT la situation, sinon ses financiers ne l’auraient jamais laissé faire : CQFD.

Quelle issue ?

Si travailler plus pour gagner plus n’est pas un concept qui peut fonctionner de façon globale, moins par moins n’a jamais fait plus, qu’en mathématique et n’est pas une issue. Nous jouons dans un monde global mais si nous y allons avec les mêmes armes que nos « amis« , nous ne pouvons pas gagner, ni même exister. Se battre contre les Allemands / Chinois / Indiens … what ever avec les mêmes armes qu’eux, c’est perdu d’avance. Il nous faut trouver nos propres atouts et nous en avons. Il nous manque juste, ce que nous avons raté depuis tant d’année, c’est la capacité (volonté / envie / possibilité / vision / stratégie …) de travailler ENSEMBLE.

En attendant, nous pouvons refuser ce modèle de développement qui ne peut que nous tuer en nous transformant en consommateur. Nous avons des forces : la qualité, le savoir faire, la compétence …
La qualité à un prix, tout comme notre devoir d’aller vers un mieux.  S’il est connu qu’en cas de crise, ce sont ceux qui investissent le plus tôt et le plus qui s’en sortent le mieux, il est une autre évidence : LA QUALITE PAYE. Et c’est encore plus maintenant le moment de faire la différence.

Sans oublier un minimum de responsabilité globale, à tous les niveaux, surtout entre les grands (groupes) et les petits (PME).
Les grands groupes ont une image, une capacité d’accéder aux marchés fantastique … Que demandent les petits ? des subventions ? certainement pas. On veut du business, du travail, des possibilités de développement et d’embauche à coût maitrisé. Quant à l’intérêt des grands pour les petits, je l’ai trop souvent développé pour vous l’éviter, mais si vous avez besoin d’une démonstration, n’hésitez pas à demander.

On ne peut pas TOUT avoir …

Le prix de l’Internet ne fait pas tout et j’ose même dire est assez mineur dans son choix de vie. En effet, entre un pays à l’écosystème puissant et où l’accès Internet est facturé 100 $ / mois et un autre à l’écosystème très faible mais où nous payons 30 € pour : Internet, Télé, Mobile, Téléphone illimité, le choix n’est pas durablement cornélien.

Ca c’est du SENS … le non sens consiste à édicter des règles circonstancielles qui en favorisent temporairement quelques uns, au détriment des autres (prime à la casse, taxe sur le gasoil …) ou pire qui tentent d’alourdir l’Indien en lui imposant des contraintes supplémentaires. L’Indien en profitera pour faire encore mieux et monter la barrière à l’entrée encore plus haut et de nous transformer encore plus vite en consommateur asservi de sa maîtrise.
Mais là est aussi la différence entre CAUSE et CONSEQUENCE et comme je l’ai souvent expliqué, il est beaucoup plus facile et rapide de ne s’occuper que des conséquences en inventant le moyen de tordre la réalité. Cela peut chémar … au maximum 5 ans.

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Commentaires»

1. Francois ][ - juillet 20, 2012

Valeur perçue ou valeur réelle ? Peu importe ! Nous ne sommes plus du dans un monde de Valeur Ajoutée, mais bel et bien dans une ère ou le business consiste uniquement a faire du fric facile (Taxe sur la Valeur a Jeter) 😉


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