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#NetNeu-neu, c’est reparti janvier 15, 2013

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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Ce matin, ma timeline touitteur est remplie de #Netneu, signe des temps modernes d’une discussion animée qui remplace une précédente discussion animée sans plus laisser de trace que N x 140 c sur quelques disques durs.

Je pensais que l’on avait pourtant tout dit sur le sujet. Tout dit quant aux définitions, tout dit quant aux risques, tout dit quant aux enjeux, tout dit quant à ce qu’il était nécessaire de préserver et de faire.

Et bien aujourd’hui, au rythme d’un changement de majorité et sans vous refaire une histoire déjà chargée, (proposition de loi de la gauche, vote contre de la droite, travail législatif de la gauche et de la droite, proposition de la droite, votre contre de la gauche …), on nous redonne de « l’Assises », de la table ronde … où les mêmes causes risquent de reproduire les mêmes effets.

Je ne rentrerais pas dans le conseil de ce qu’il faut faire, je l’ai dit, et j’y ai déjà passé suffisament de temps. Tout le monde, l’Arcep compris, sait ce qu’il faut faire et en théorie, comment le faire. Je ne rentrerais pas dans le N-ième débat de l’Internet à plusieurs vitesses, il me fatigue et est contre productif. (je le rappelle, il n’y a pas UN mais DES Internet)

J’espère juste qu’enfin on va pouvoir passer aux actes et ne pas penser que la voie législative est la seule solution. C’est un moyen, peut être, mais pas un but. Le but, on le connait, c’est d’avoir un Internet de qualité, support de tous nos échanges numériques et qui n’exclut l’innovation de personne.

Le ou plutôt les moyens, on les connait :

Règle N°1 : Concurrence

L’Internet est un mode d’interconnexion. Le réduire a un seul acteur est un contre sens, tant en ce qui concerne l’accès que les services et les contenus. La concurrence permet de m’assurer que je sois toujours en capacité d’acheter l’Internet qui m’intéresse et dont j’ai besoin : en terme de qualité et de définition. La concurrence me permet d’exister si l’Internet dont j’ai besoin n’existe pas et que je souhaite le fabriquer et éventuellement trouver un marché. (ie: le vendre)

Règle N°2 : Best Effort

Chacun devrait être en mesure de faire de son mieux, sans organiser artificiellement de la rareté et de la contention. Un réseau devrait être le plus électriquement neutre possible et le métier d’un opérateur Internet devrait être celui de quelqu’un qui cherche à acheminer le plus vite possible tout paquet entrant dans son réseau. Maintenant, comme je sais vivre dans un monde qui n’est pas totalement idéal, j’accepte que le métier de l’opérateur soit aussi de se conformer à la législation en vigueur et d’organiser les flux dans l’objectif que cette règle N°2 soit toujours valable. Cela veut dire que l’opérateur doit pouvoir filtrer pour « protéger« , soit une ressource propre, soit une ressource client ou d’autrui ou simplement pour des raisons LEGALES (ie: intervention de la justice). Dans ce cas, il devient nécessaire d’ajouter une troisième règle, pour que le consommateur puisse avoir un acte d’achat « éduqué » et permette au marché de s’organiser :

Règle N°3 : Transparence

D’une façon ou d’une autre, le consommateur doit savoir ce qu’il achète, tant en terme de qualité, qu’en terme de disponibilité. Les solutions de mesures existent et font même l’objet d’entreprises entières (NDLR : j’en ai confondé une, tant je pensais que la gestion de la qualité dans des environnements hétérogènes allait devenir absolument critique)
Mais au delà des solutions techniques, l’important est de s’entendre sur :

  • La portée politique d’un tel projet … depuis des obligations imposées aux opérateurs, mesurées à partir d’informations données par les opérateurs eux-mêmes, jusqu’à de véritables observatoires de la qualité de l’Internet, mélangeant des problématiques d’études d’éventuelles atteintes de la neutralité, de mesures objectives et régulières de la qualité et associant tous les acteurs DES Internet (Recherche, Business, Grand Public …et utilisateurs finaux !)
  • La méthodologie ou plutôt les méthodologies à utiliser. Méthodologies qui sont nécessairement évolutives et dont les guides ne se trouvent pas forcément dans les instituts de normalisations, trop « network centric » pour cela, trop ou pas assez consensuels et pas assez réactifs au changement. (nouveaux protocoles, nouveaux usages, nouvelles atteintes …)
Bref, le sujet n’est pas nouveau et loin de jeter la pierre au gouvernement actuel, j’aimerais juste que nous avancions concrètement et utilement pour le marché et surtout que l’on comprenne qu’il (le marché) n’est pas uniquement l’économie de quelques acteurs (du Web ou opérateurs) ayant leurs ronds de serviette dans quelques ministères. C’est au minimum un enjeu national.
Toute notre société est concernée, depuis l’éducation, la sécurité, notre confort, nos moyens de communiquer, de diffuser, l’attractivtié de nos territoires, de notre capacité ou non à faire croitre nos entreprises … Bref, c’est tout sauf un gadget et ce sujet du Numérique mériterait mieux qu’une réduction à une dimension économique qui se termine (ou commence ?) par un débat un peu réducteur « pub ou pas pub ».
J’espère enfin que ceux qui vont légiférer sur le sujet ou d’exiger Yet Another Law, savent que plus on élève la barrière à l’entrée, plus il est difficile à de nouveaux entrants d’exister et surtout de se développer. Imposer des lois complexes et des contraintes lourdes, c’est, qu’on le veuille ou non, contraindre le champs de l’innovation et pour le moins la rendre plus complexe. Je ne dis pas qu’il ne faut pas de lois. Je dis juste que toute contrainte à un coût, qu’il faut bien intégrer et comprendre, dans des études d’impact par exemple, suffisamment étayées et surtout inspirées. Si on l’avait fait par le passé, on se serait évité bien des erreurs. Evitons la prochaine loi en « i » …

crédit photo

 

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Commentaires»

1. Gaëtan - janvier 15, 2013

J’aimerais revenir sur la notion de barrière à l’entrée qui serait rajoutée par une éventuelle loi. Il me semble qu’un accès à internet non-discriminant facilite l’entrée de nouveaux acteurs. Si je veux commercialiser mon super système delamortquitue qui utilise le port 1458, avec des accès « internet » limités au port 80 et 443 qui font de la vérification protocolaire je suis marron.
De plus, je peux me tromper mais fonctionner de manière neutre best-effort est a priori le plus simple et le moins cher pour un FAI qui se lance.
Je ne suis pas pour légiférer à tout va va mais:
1. on est pas obligé d’avoir une nouvelle loi en I, on pourrit faire ça bien pour une fois. cf conf de Benjamin Bayart à Pas sage en seine 2012
2. Si on pouvait définir correctement le terme accès internet ça éviterait que tous les margoulins des téléecoms prétendent en vendre.
Pour le point 1 je dois être un idéaliste.
Pour le point 2 un fai se doit d’être une cash machine comme une autre…

Jean-Michel Planche - janvier 18, 2013

La barrière à l’entrée dont je parlais est plus de l’ordre de ce qui rend possible ou quasi impossible une concurrence. En placant une barrière à l’entrée toujours plus haute, plus chère, plus difficile, la concurrence se raréfie. Ce qui a été possible à une époque (créer son propre FAI) peut devenir impossible à une autre, par la faute de trop de législation, trop de principes de précautions, trop de contrôle … et dans ce cas, on a exactement un effet inverse à celui affiché officiellement. Cela renforce quelques grands acteurs au détriment des plus petits et cela « confisque » le potentiel et le champ de l’innovation.


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