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Gouverner … septembre 14, 2014

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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GouvernerGouverner … tout un programme et en ces temps où l’on se demande s’il y a un pilote dans l’avion. Ce billet m’a été inspiré par plusieurs faits concomitants :

Tout d’abord un post de Jean-Louis Frechin à qui j’ai repris la photo et qui, connaisseur du milieu maritime, corrige quelqu’un qui pense que gouverner c’est donner une direction, en rappelant qu’on ne peut tourner que si il y a mouvement.

Et oui … un bateau immobile ne tourne pas. Un paquebot très lourd ne tourne que lentement. Il y a des lois de la physique que le monde « moderne » tend parfois à oublier.

Il faut imprimer une force pour tourner. D’ailleurs, si l’on regarde bien, le mouvement prime souvent (théorie bien connue des shadoks) sur la direction. Pour une meilleure efficacité, quant cela est possible, les hélices sont placées en amont du gouvernail … est-ce pour autant à dire qu’il faut faire n’importe quoi et ensuite réfléchir ?

Non bien sûr, sauf à avoir un bateau très léger (un pédalo … et encore) car là aussi les lois de la physique et de l’inertie sont intangibles.

L’analogie avec un pays, une entreprise et le monde maritime est très intéressante et devrait être mieux travaillée, au moins pour regagner en humilité face aux éléments contraire. Le monde marin est un monde de « Taulier« , comme le dit Gérard Lanvin (interview à voir à la fin de ce poste svp). Il y a forcement toujours un capitaine et un équipage et parfois même, un seul homme qui fait les deux, mais jamais l’un ou l’autre.
C’est un monde qui a appris à faire AVEC et non contre.
C’est un monde qui se frotte forcement quotidiennement aux principes de réalité.
Ce n’est pas un monde d’illusion, de paillettes, d’ors …

Cette période est vraiment intéressante. Tout y est pour aller vers un mieux, un vrai ou de continuer vers le pire. Il devient par contre de plus en plus difficile de s’élever contre ce qui ne va pas, sans passer pour un envieux, un rabat joie ou « une grande gueule ». On peut dire les choses non ? On peut ne pas être d’accord sans paraitre aigri ou envieux, non ? Rien dire, laisser faire, n’est il pas une forme de lâcheté et de démission ?

Dans le passé, vous m’avez connu plus combatif, plus « présent ». Je pensais que pour « changer le monde », il fallait déjà la comprendre, puis tenter de le faire comprendre. Je pensais que le changement ne pouvait se faire qu’à partir des éléments en place, fussent-ils mauvais. C’est surement partiellement vrai, mais beaucoup trop long et beaucoup trop désespérant. (pour moi)
Cela nécessite un talent que je n’ai pas.

J’ai essayé souvent, réussi parfois et échoué beaucoup … si bien que j’ai revu la méthode. Après un juste épuisement, sous la forme d’un « à quoi bon » et surtout mon annonce en 2011 : 2012 serait l’année de l’action (pour moi) et en particulier de mon expatriation, point culminant de ce que je pouvais faire pour continuer de vivre tout simplement et ne pas être totalement absorbé par le marasme ambiant. Voir ne pas être détruit par un système chronophage, qui laisse plus de place au bruit qu’au sens et qui tend à devenir cynique et désespéré, au fur et à mesure que l’âge avance et que l’espoir diminue.

J’ai aussi appris, grâce à tous ces combats, qu’avant de penser changer les autres, il fallait mieux déjà penser à changer soi même. C’est peut être la seule chose sur laquelle on a une prise et une vraie responsabilité. Mieux comprendre, mieux entendre le point de vue de l’autre, même s’il est particulièrement différent, mieux remettre le mental à sa place et ses croyances pour mieux discerner l’illusion de la vérité. Cela peut sembler particulièrement ambitieux, voir présomptueux … il l’est bien plus de vouloir imposer « sa vérité » aux autres ou de vouloir « changer le monde » en renforçant le pouvoir de quelques uns, contrairement aux « utopies » qui m’animent depuis un moment déjà.
Une fois les lunettes déformantes enlevées, la vérité saute aux yeux. Se taire est cautionner la folie ambiante et le pourquoi je reprends la plume. Oui, je dis bien la plume, car j’ai retrouvé le goût d’écrire avec un vrai stylo … étonnant, non. 😉

Je prends le risque de la remarque méchante et stupide de type « pour qui se prend il ? », « qu’est ce qu’il a à dire car il est parti », « il est jaloux ou aigri » … Juste une précision ici, si la France va mal, je vais mal. C’est inscrit dans les gènes de l’Entreprise que j’ai co-fondée, il y a 14 ans, car il s’agit d’un vrai projet politique, au sens grec du mot pour démontrer et tenter la possibilité d’une réussite internationale PARCE QUE LA FRANCE, en ayant des ressources essentielles qui y restent localisées. Et c’est TRES difficile, croyez moi …

Alors, oui, gouverner, cela ne consiste pas juste à donner une direction. C’est compliqué, cela ne s’apprend pas que dans les livres. L’épreuve de la vie est plus que nécessaire. Epreuve que nos chères têtes bien faites n’ont  bien souvent que fort peut. Je veux parler de la vie, la vraie, celle de nos quotidiens et non des leurs. Je vous invite à lire ce billet d’ailleurs : ICI. Pour une fois que ce n’est pas nous qui le disons …
Et ce poste courageux m’a aussi donné l’envie de celui là.

Oui, gouverner, cela consiste aussi à imprimer un mouvement en ayant préalablement compris où aller, en conservant l’humilité de l’écoute des signaux faibles, en s’adaptant au quotidien pour faire face aux éléments et conserver, non pas le cap vers l’iceberg imprévu, mais les idées claires sur la destination et en comprenant que l’important alors ne devient plus l’endroit où aller, mais le chemin que l’on fait et le moment présent. Demain, nous seront peut être plus heureux parce qu’un énarque aura pensé et dit je ne sais quoi … MAIS ON S’EN FOUT !
C’est AUJOURD’HUI le problème et la responsabilité des politiques est de le comprendre en :

  • Induisant un cap intelligent et adapté au monde dans lequel on vit
  • Faisant tout leur possible pour rendre meilleur non pas demain qui n’existe pas, mais AUJOURD’HUI. Nous expliquer « serrez vous la ceinture pour que demain soit meilleur » depuis 30 ans est aussi ENORME que nous vendre des absolutions du pêcher originel en nous promettant les portes d’un paradis (ou de nous promettre je ne sais combien de vierges, pour rester « neutre » ;-))

Plus que jamais comme le disait notre GRAND Michel Audiard, « Gouverner ne consiste pas à aider les grenouilles à administrer leur mare ».

Enfin, ce billet m’a été aussi inspiré par Gérard Lanvin, que j’aime et tant pis pour les conséquences. On a besoin de gens comme cela, que l’on sent vrai, qui disent les choses, sans calcul, juste avec le coeur.
Oui, plus que jamais, nous avons besoin d’un Taulier qu’on regarde avec respect. (et bien sûr d’une équipe qui tient la route). Nous avons envie d’y croire, de nous lever le matin, pour notre pays, pour notre région, pour notre ville … mais aussi POUR NOTRE ENTREPRISE !!!
Bref, nous lever pour quelque chose de plus grand que nous.

En ayant un peu voyagé, je peux dire que ce sentiment du collectif, cette envie de demain, je les retrouve plus ici, aux Etats-Unis qu’ailleurs et en France en particulier. Est-ce grave ? est-ce essentiel ? chacun à sa réponse, mais l’important est, si l’on ne croit pas que cela soit une force, que cela ne devienne pas une faiblesse irréparable.

NDLR : J’ose cette comparaison, même si je sais que certains risquent de lire sans nuance, que je plébiscite un « modèle » au contrario d’un autre et dénigre la France. C’est faux. Bien relire les nuances svp.

 

Ajout du moment, une belle phrase d’Henry Kissinger :

« Quand on ne sait pas où l’on va, tous les chemins mènent nulle part. » 

 

 

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