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Leur solution : la société du contrôle avril 29, 2015

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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10394025_513229842151128_4032451498416211512_nL’affaire des 40 K€ de taxis d’Agnès Saal est absolument remarquable de l’état de notre société, de la faillite de nos élites dans ce qu’ils pouvaient avoir d’exemplaire. Mais pire encore, nous assistons à la faillite de leur mode de résolution des problèmes qui privilégie le court-termisme à une vraie de réflexion de fond et au courage d’une action volontaire et juste.
A trop privilégier de tordre la réalité en s’attaquant aux conséquences, on ne traite aucune cause.

Pire, on nous prépare une société du contrôle, de l’infantilisation où l’on veut échanger le reste de notre humanité contre un peu d’illusion … de sécurité.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais cette méthode pour s’attaquer aux problèmes est toujours la même. Dernier exemple en date, Agnes Saal qui confond ses déplacements privés et ses déplacements professionnels. On nous explique que « chez ces gens là » (dirigeants du secteur public), il faut être irréprochables et encore plus que pour nous, présumés coupables éternels. Et pourquoi ? « Parce qu’ils sont les dépositaires d’un argent qui n’est pas le leur ». Et encore mieux, sans que cela ne semble émouvoir personne, on nous annonce :

« les élites sociales entretiennent un rapport ambigu aux normes car ce sont elles qui les créent »

Ces dirigeants « se vivent comme des acteurs puissants, au-dessus de la mêlée »

« Ils estiment que pour réussir, il faut savoir jouer intelligemment avec les normes. Il y a cette idée que les règles sont valables pour les autres, mais qu’il faut oser les transgresser »

« Les juges estiment souvent que remboursement vaut acquittement »,

« il y a une confusion de plus en plus grande chez les titulaires de fonctions publiques entre ce qui relève des biens communs et ce qui relève des biens privés ».

Et tenez vous bien, l’excuse ultime (mode les autres le font, ce que doit d’ailleurs se dire Agnès Saal, que je plains sincèrement car elle ne doit pas avoir compris ce qui lui est arrivé) : « Pour lui, les logiques commerciales priment désormais dans les structures publiques, au détriment de l’intérêt général. Conséquence: les titulaires de fonctions publiques se comportent comme des PDG, et non pas comme remplissant temporairement une fonction publique ».

Non mais je rêve ?

Depuis quand un PDG ou le secteur privé peut faire n’importe quoi ?
Qui sont-ils pour penser cela ? Pour information, même pour un gérant majoritaire d’une SARL dont il détiendrait 100% des parts: confondre le compte de la société avec sa poche, cela a un nom : l’ABS – l’ABUS DE BIEN SOCIAL. Tout dirigeant de PME connait ce terme. Pas eux manifestement.

Faut-il des lois encore plus claires et sévères, qui ne feront qu’ennuyer le plus grand nombre d’honnêtes gens tout en ne gênant nullement les habituels délinquants ? Devons-nous, tous, payer le prix de la déviance, du manque d’honneur et de droiture, de magouilles, de bassesse de quelques-uns ?

Mais heureusement, l’histoire a de l’humour :

Cela ne s’invente pas, la promotion à l’ENA de Mme Saaz s’appelle la promotion « solidarité » !!!

Mieux encore, c’est elle, a priori, qui promettait une gestion janséniste à l’INA.
Janséniste … le mot est lâché ! Et ils ont un sens que je vous invite à aller vérifier. Intéressant ce qui est dit, dans le contexte actuel de la #PLJRenseignement :

« Ceux-ci possèdent toutefois quelques traits caractéristiques, comme la volonté de s’en tenir strictement à la doctrine de saint Augustin sur la grâce, conçue comme la négation de la liberté humaine pour faire le bien et obtenir le salut. »

Moi, les bras m’en tombent. Comment un dirigeant du secteur public peut se permettre une telle allusion ?
Je me crois revenu à un temps que j’espérais résolu. Plutôt que de faire du jansénisme pour les autres, n’aurait il mieux pas valu qu’elle s’occupe sérieusement de l’INA qui avait tout pour faire un fleuron français et qui d’année après année rate tout le champ des possibles au profit d’autres. L’INA n’a pas besoin de ce genre de Président, mais de stratégie, de moyens, d’ambition.

Et la solution sort du chapeau :

… comme une sentence, comme si cela pouvait changer quoi que ce soit au problème lui même :

« Les choses devraient être plus réglementées. »

Et voilà, la boucle est bouclée :

Problème -> Analyse / Conséquences -> Solution : renforçons le contrôle

Et oui, il y a des malhonnêtes. Ca, nous n’y pouvons rien. Donc contrôlons qu’ils ne dépassent pas « les normes » et … on ne pourra rien nous reprocher. On n’a rien résolu. Il y a toujours autant de malhonnête. Pire, on habitue la société à une « norme » de malhonnêteté. Et si cela devient trop visible, on pourra changer la norme la loi. La loi est devenue norme. 😦

Je n’ose comprendre pourquoi la majorité de nos politiques semble se complaire dans ce modèle. Est-ce par construction ? par paresse intellectuelle ? Par conformisme ? Par soucis de leur propre efficacité à remporter le prochain suffrage en donnant l’illusion (encore une) d’une action ?

Comme si nous ne voulions plus voir leurs CAUSES, la société du contrôle est devenue la réponse à tout problème.

Alors me direz vous ?

Et bien cela sera pour le prochain billet, pour éviter de penser que je ne fais que « râler« . Les solutions existent. Mais manifestement, on ne veut pas les voir. Un jour, il faudra s’interroger sur le pourquoi.

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