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Episode 1> L’économie du partage est morte … enfin j’espère juin 18, 2015

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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share-economyExcusez le titre un peu racoleur, mais vous comprendrez vite pourquoi je l’ose.
Oh, l’économie du « partage », vous connaissez !
Elle est à l’économie ce que « big data » est à la technique, c’est à dire un buzz word qui fait bien de mettre dans son casting pour intéresser les « spécialistes ».

Vous connaissez sans doute les ténors du secteur, comme Airbnb, Uber, que j’utilise et apprécie, mais là, c’est une autre expérience qui m’a donnée l’envie de ce billet : celle du co-voiturage et de mon essai de Blablacar.

Tout d’abord un premier mea culpa. Je trouvais ce nom « moyen » et pensais au pire, tant je crois que le destin d’une société est souvent associé au ridicule de son nom. Et bien non, le nom est très bon … et je ne le dis pas en ré-écrivant l’histoire en voyant avec plaisir leur succès.
Mais revenons à mon expérience. J’avais à faire un trajet, récemment, entre Carcassonne et Toulouse et les choix qui s’offraient à moi étaient :

  • Uber … le premier que j’essaye par réflexe me présentait un vide abyssale
  • Le taxi … qui me fait un prix d’ami à 230 € au lieu de 260 € car nous sommes en WE
  • Le train … qui m’offrait de partir ou trop tôt (à 6h du matin !!!) ou trop tard
  • Le bus … qui me proposait : rien
  • Ma voiture … qui allait poser le problème du prix du parking en mon absence
  • Le stop … avec conjoint et valises et deux avions à prendre pour rentrer aux Etats-Unis, je ne le sentais pas trop

… bref, pour ainsi dire : LA GALERE.

Et c’est dans cet instant de profonde remise en question qu’une idée lumineuse m’est venue, en ayant touché le fond en pensant même au « stop » … et si je faisais mon « geek » (comme ils disent) et utilisait blablacar.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Résumons l’expérience :

Le bon

  • Inscription rapide et simple,
  • Bonne interface (mobile), service rapide, informatique qui tourne,
  • Facilité d’utilisation pour enregistrer le trajet qui m’intéresse
  • et … déjà des « offres »

Le moins bon

  • Impossibilité de sélectionner une plage horaire, aussi j’ai été sur-sollicité d’offres ne correspondant pas à mon problème (ou je n’ai pas trouvé)
  • Et le top du top … AUCUNE offre ne me convient. En effet, on dirait que l’on a affaire à des gagnes petits (6 € la place) qui ne souhaitent absolument pas se « détourner » et vous proposent tous de vous laisser sur LEUR route.
    Surement très sympathique quant on a 20 ans et que l’on veut traverser la France et que le voyage fait la destination, un peu moins quand l’objectif prime sur le moyen : arriver avec certitude à bon port, c’est à dire à l’aéroport de Toulouse.

En effet, je me voyais mal devoir aller à une sortie d’autoroute, avec conjoint et valises (3), attendre une hypothétique arrivée d’un bon samaritain, qui me laissera tout content de son affaire, je ne sais où, pour ensuite galérer à regagner l’aéroport de Blagnac en sueur, en nervous break down et surement en pleine réflexion de divorce.

Bref, l’économie du partage commençait mal pour moi …
Je ne demandais pas forcement qu’on partage mes soucis, mais pas non plus que l’on m’en créé d’autres.

Bien sûr …

… on me dira qu’un service « voiturier », de porte à porte, pourrait faire de la concurrence à nos amis taxi. (ceux qui se lèvent le dimanche matin pour 230 € …)
Bien sur, me dira t’on, Blablacar a prévu l’option pour les offreurs de service, avec un prometteur : « accepte de se détourner » … sauf qu’en l’espèce, les gagnes petit de ce dimanche matin ne semblaient pas avoir trouvés l’option ou l’idée de se dire qu’ils pourraient proposer un prix un peu supérieur pour faire un petit détour de 10 mn.
Bien sûr me fustigera t’on, c’est un service « cheap et sympathique« , aux prix encadrés, pour éviter la concurrence avec les ténors du marché, donc on ne peut pas faire de service « premium », sinon des gens vont gagner leur vie avec, et patati et patata et UberPop et voilà …

Bien sûr …

Conclusion provisoire et solution temporaire

La solution prise a été d’appeler une gentille dame qui garde les voitures depuis des années et qui pour moins cher que le prix du taxi va me garder ma voiture le temps nécessaire. Avant tout le monde, elle avait compris la notion de l’économie du partage en … partageant son jardin et en en faisant un vrai business. Elle avait aussi compris le sens du service client, car elle nous conduit avec son mini bus depuis chez elle, jusqu’a l’aéroport. Elle aurait eu un site web, elle nous aurait surement planté à 30 mn à pied de l’aéroport.

la-grenouille-qui-voulaitse-faire-aussi-grosse-que-le-boeufIl y a quelques années (2000), je m’étonnais du business model des sociétés du web marchand, qui avaient tout de celui de la colle. Vous savez, le produit entre le mur et l’affiche, la grenouille qui se veut plus grosse que le boeuf. Aujourd’hui, on a dépassé ce stade. On n’est plus dans une intermédiation bien sentie avec une vraie valeur ajoutée (Amazon, Uber, …), on est dans l’économie du partage. On a un truc, un machin et on se dit que cela doit pouvoir être commercialisé, rentabilisé, marchandisé. En fait, on est revenu à une sorte de service network centric où le client n’est pas celui qui achète mais celui qui offre. Le client de Blablacar, c’est celui qui propose un trajet. Donc le service est centré sur lui. Et moi, mes problèmes ? qui les partagent ?

Suite dans l’Episode 2, car vous le verrez, il y a des rebondissement avec :

  • l’entrée dans la danse de la SNCF et une idée complètement loufoque
  • une petite idée, peut être aussi loufoque que celle de la SNCF, qui m’est venue dans la nuit et qui m’aurait fait créé une startup si je n’étais pas déjà très occupé avec ma PME / ETI.

A demain … si vous le voulez bien 😉

NDLR: je n’ai absolument rien contre blablacar, bien au contraire et d’ailleurs leur baseline est très bien trouvé, j’aurais dû me méfier : « voyagez moins cher en toute confiance ». Moi je ne voulais pas voyager, mais arriver à destination, vite et bien sans trop modifier mes habitudes. Je ne dis pas qu’il n’y a pas un usage, mais celui là n’était pas adapté à mon cas. (mais pourrait le devenir … on le verra dans un prochain billet car le plus difficile a été fait pour eux)

crédit photo et la grenouille

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Commentaires»

1. Pierre Col - juin 18, 2015

Je suis très surpris par le contenu de ton billet, Jean-Michel.

Tu fais l’andouille en feignant de n’avoir pas compris ce qu’est Blablacar, et ce qu’est UberPop, qui n’a rien à voir ? Ou bien tu n’as réellement pas compris la différence ?

Blablacar c’est du COVOITURAGE et donc C’EST LE CONDUCTEUR ET LUI SEUL QUI CHOISIT LE POINT DE DÉPART, LE POINT D »ARRIVÉE ET LES ÉTAPES.
Il n’a évidemment pas à se détourner pour déposer le passager là où bon lui semble.

UberPop c’est du véhicule de transport avec chauffeur, ou VTC : là C’EST LE CLIENT QUI CHOISIT LE POINT DE DÉPART ET D’ARRIVÉE ET MÊME LE TRAJET SI CELA LUI CHANTE.
Et comme en France cette activité est réglementée et que UberPop enfreint la réglementation et concurrence frontalement les taxis, ce qui n’est pas le cas de Blablacar, alors il est interdit par les préfets, exemple aujourd’hui à Lyon après d’autres villes : http://bit.ly/UnderPopLyon

Sinon, ce que je pense de cette soi-disant « économie du partage » ou « économie collaborative » est qu’il s’agit en réalité d’une « économie de la prédation ou de gros malins plutôt « ultra-libéraux » et américains (si l’on excepte BlaBlaCar) profitent de la paupérisation croissante des salariés des pays occidentaux pour leur faire miroiter un complément de revenu… et gagner sur leur dos et celui des pays où ils opèrent des sommes aussi colossales qu’ilégales.

En résumé : moi qui gagne bien ma vie, je n’ai nulle envie de transporter des quidams dans ma voiture, et nul besoin ou envie de louer à des inconnus ma voiture, ma moto, ma résidence principale, ma résidence secondaire, mon blender, ma crêpière ou les 500 BD de ma collection.

Suite ici : https://www.facebook.com/notes/pierre-col/pour-en-finir-avec-le-mensonge-de-la-sharing-economy/10153421818792628

Emmanuel VIGOT - juin 23, 2015

Pierre, 100% d’accord. L’idée de Jean-Michel arrive à la même conclusion je crois, qui est qu’on assiste à une captation de valeur par les créateurs de ces services, aux dépends de services institutionnalisés, pour finalement ne rendre qu’un service très moyen ou très peu adapté. Un feu de paille qui ne laissera derrière lui qu’une friche appauvrie.


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