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Episode 2> L’économie du partage est morte … enfin j’espère juin 19, 2015

Posted by jmplanche in Journal de bord, Note du jour.
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Unknown-1Je continue  ma plongée dans l’univers de « l’économie du partage ». Ce billet est la suite de mon épisode 1, basé sur un exemple précis aboutissant à un constat d’inadéquation des offres conventionnels à un simple besoin : « regagner Toulouse un dimanche matin pour pouvoir y prendre un avion. »

Je m’étais souvent demandé si  le risque de cette économie du partage, que l’on vante tant n’était pas de tomber dans la supercherie et l’indécence d’un monde toujours plus marchand. Mais d’un autre coté, je me disais que la sélection naturelle et le bon sens des utilisateurs prendrait (un jour) le pas. Justement, en parlant de pas, je pense qu’il s’agit juste du premier, qui ne doit pas être celui qui nous arrête dans une fausse solution, mais qui au contraire nous permet de faire le suivant : le passage à une offre basée sur les besoins et non sur la stupidité et la destruction de valeur programmée de « l’économie du partage ».
Déjà dans ce mot, il y en a un de trop : ECONOMIE. On l’a bien vu avec le numérique où certains politiques ne voient que peur et risques et au mieux « l’économie numérique », car il est un mot qu’ils comprennent mieux que l’autre.

On voit bien où cela nous mène. Mais ne brulons pas les étapes et reprenons :

1129413_021142682224_web_teteQuand la SNCF fait « pop »

Après ma mésaventure, j’ai un peu regardé le secteur et je suis tombé sur cette annonce tout à fait sidérante de la SNCF … les TGVpop. Déjà le nom prête à rire et reconnait à Uber tout son pouvoir en légitimant un modèle intéressant mais aux dérives évidentes.
TGVpop … c’est la SNCF qui nous prête ses rails en nous permettant de conduire le train que nous achèterons à crédit sur 200 ans ? Mais non, c’est du « crowdsourcing » de besoin, comme si elle ne le connaissait pas (c’est grave) et en passant, c’est le vide sidéral entre Bordeaux et Montpellier !!!
C’est la SNCF qui demande à ses utilisateurs de voter pour des destinations, des dates, des heures et si il y a assez de monde, joie, la SNCF programme -peut-être- un train !!!

les-piges-viter-pour-russir-sa-transition-agile-15-638C’est énorme non ? Mais quel esprit brillant a pu concevoir une telle chose ? Et surtout pensé que cela avait un avenir et était porteur de sens, au delà du gadget  ?
La SNCF, c’est comme un opérateur de télécom, c’est de la mutualisation de moyen et du service. Ca n’est pas du « pop ». Désolé, Monsieur (ou Madame) SNCF, si vous en êtes là avec le potentiel du numérique, ça fait peur. Vous avez une filiale hyper compétente … pourquoi ne leur demanderiez vous pas de vous aider à vous ré-inventer ? Cette idée là, c’est franchement moyen moins coté ambition, réflexion. C’est ce que j’appelle une idée Canada Dry: cela a la couleur d’une bonne idée, cela a le gout d’une bonne idée, mais … tout le monde a compris je crois.
Déjà que vous aviez cassé le petit service du @turblog, là, ca ne le fait pas. Pourquoi ne demandez vous pas à votre filiale de vous montrer ce qu’elle peut faire avec un peu de traitement statistique et d’intelligence derrière les données qu’elle a déjà ? Une partie de la frustration de vos clients s’y cache et vous auriez vu que vous ne proposez rien d’intelligent pour rejoindre Toulouse depuis Carcassonne un dimanche matin. (j’y reviens ;-))

Bon, je ne vais pas vous révéler gratuitement tout ce que vous pourriez faire, mais si vous avez besoin, je peux vous louer quelques neurones disruptifs. Il y a tant de choses à faire pour que vous nous fassiez enfin « préférer le train ».

Tiens même et comme promis, je vais même vous donner une piste … ainsi qu’à tous. 😉

L’économie du partage

89144795Vous l’avez compris … je n’aime pas. Même si cela peut rendre des services, je le reconnais. Oui j’ai utilisé Airbnb ou Uber. Oui, j’ai failli (dans tous les sens du terme) utilisé Blablacar … mais je n’aime pas, tant la dérive est facile et tant cela me semble un business « middle of the road ». (sans jeu de mot)
Et pour éviter de rester « middle of the road » (qui est le chemin le plus dangereux, comme le disait Steve Jobs), il ne faut pas rester à une vague proposition de « partage« , mais en sortir en offrant un vrai service, comme Uber et Airbnb et Blablacar dans une autre mesure, qui ne propose pas le service que je voulais, mais plutôt un moyen sympathique de draguer faire un bout de route avec un(e) inconnu. 😉
En effet, Uber, c’est la réponse « instantanée » à un besoin, à partir d’une OFFRE D’ABONDANCE qu’il MAITRISE … ça n’est pas de l’économie du partage. Les mots importants ici sont BESOIN et MAITRISE. Sans Uber, celui qui veut partager son moyen de transport n’a pas de client. Le client est libre … libre de payer le prix imposé par Uber. Mais cela rend un service. Et ne l’oublions pas, la force d’un Uber, c’est aussi et surtout sa plateforme d’intermédiation qui permet de se rendre le maitre du jeu, l’orchestrateur d’une offre vers une demande. Ce sont des gens, à la différence des taxis, G7 and co, qui ont compris qu’il était plus scalable et intéressant de faire de l’argent en vendant de la transaction, plutôt que du flux … bref, des gens d’aujourd’hui, du numérique et de l’Internet.

Le client c’est l’offre

Le client c’est l’offre, pas la demande car elle seule est maitrisable et non « disruptive » facilement. Et j’ose ajouter, quelque soit l’offre, que ce soit un UberX, XL, POP, un coursier, un taxi même … et pourquoi pas demain n’importe quoi qui a besoin de se déplacer entre un point A et un point B. Uber ne répondait pas à mon besoin parce qu’il n’avait pas d’offre. Ne nous trompons pas de sujet. Uber est un orchestrateur d’offre, pas de demande.

L’économie du partage n’a pas d’avenir … c’est du moins ce que je souhaite. Son avenir actuel est dans l’effet pacman. Mais quant ils auront terminé de se manger entre eux, on aura l’air fin avec une abondance d’offre et une demande qui ne comprendra que « économie ». Toujours moins avec forcement plus pose ensuite de vrais problèmes de la croissance infinie insoutenable. Les mots ont un sens … écoutez les : économie du partage.

Ne nous y trompons pas, Uber et les autres ne proposent pas un service génial pour économiser en partageant … leur business, c’est disrupter ce qui fonctionne mal, grâce au numérique en devenant un point de passage obligé.

Le service, ce n’est pas l’économie du partage.

Le service, c’est la réponse à un BESOIN

Et si c’était CA le vrai sujet … et si nous passions d’une économie du partage à une profusion de besoins ?
En effet, le besoin révélé permet l’offre ciblée et juste … et au passage permet une nouvelle intermédiation « directe« , sans les coûts habituels de marketing et de commercialisation. Et si le partage était juste la dérivée du monde 1.0 d’avant, network centric, basé sur la raréfication pour pouvoir maitriser l’offre et sa valeur marchande ? Et si le vrai sujet était le BESOIN, bien plus inhérent au monde dit « 2.0 » et au « User Centric » qui m’est cher ?

Bref, je vais vous la faire courte, mais comme je le disais dans le précédent épisode, si j’avais le temps et rien que ça à penser, je ferais une plateforme de mise relation inversée non pas d’offre -> besoin mais de Besoins -> Offres.
Bien sûr absolument pas sectorielle … nous avons tous des besoins non ?

  • besoins de se déplacer
  • besoins d’apprendre
  • besoin de se divertir
  • besoin de se loger
  • besoin de s’alimenter … avec sens
  • besoin de sortir, de rencontres, …
  • besoin d’aider, de partager …

Et oui, j’aurais aimé un service qui me permette de simplement dire : « j’ai besoin de rejoindre Toulouse depuis Carcassonne, dimanche matin pour prendre un avion à 10h » … et j’aurais aimé que Monsieur SNCF, les bus, mon voisin, le taxi du coin ou n »importe qui me propose une SOLUTION. Et me donne le choix, le pouvoir de dire oui en choisissant entre 6 € la place et je me débrouille pour gagner l’autoroute à pied ou 260 € … non je plaisante 😉

Une petite API qui va bien. Un peu d’InnoDB par exemple. Quelques développeurs « puissants » et le tour est joué. Un peu d’aspiration de quelques sources pour alimenter la machine et l’affaire peut disrupter tout ce qui existe sur la place … ca ne serait pas une meilleure idée que TGVpop ? Et si la SNCF ré-inventait son métier AU SERVICE de la collectivité  ? Et si elle osait, comme elle a osé commercialisé autre chose que des billets de trains avec voyages-sncf à l’époque ? et si l’avenir de ce genre de société était le numérique (pour le développement économique) en utilisant ses actifs comme un bien commun plutôt qu’en les bradants ? Et si les bénéfices de la plateforme numérique, servaient à maintenir du travail local sur un « vieux » métier ?

Bref, je rêve. Comme on aurait pu rêver que les Camif, Blanche Porte, Redoute et les autres fassent vente-privée et consort.

A moins qu’un malin se mette à faire un jour plus de business en vendant les billets de la SNCF que la SNCF elle même .. comment ca c’est commencé 😉 Et un jour, ceux qui pensaient qu’il fallait une histoire d’un siècle pour faire une voiture se réveillent avec le gueule de bois en constatant que Tesla a une meilleure capitalisation boursière qu’eux..

Mais bon, comme on dit, #jdcjdr 😉

Alors chiche ?

Qui s’y lance ? Le potentiel de l’affaire, tel que je le vois est véritablement énorme … et le test est simple: me permettre de trouver une réponse satisfaisantes à quelques questions simples :

  • j’ai besoin de regagner toulouse un dimanche matin … (vous connaissez la suite)
  • j’ai besoin de manger sain et de favoriser les producteurs locaux
  • j’ai besoin de quelqu’un pour faire un peu de travail de jardin chez mes beaux parents
  • j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à déplacer mon auge de 300 kg et faire un peu de travail de peinture
  • j’ai besoin d’un très bon pédagogue patient pour m’apprendre le piano

Au lieu de tenter de s’accaparer ce qu’il nous reste de possession et de taxer l’immatériel, avec des grands principes « d’économie », pourquoi ne pourrions nous pas tenter une autre approche ?
Attention, je ne parle pas d’achats groupés, ni d’offres sectorielles qui existent pour l’éducation, le ménage ou les travaux et qui sont des logiques d’offre. Je parle d’une Uber-ification des besoins des utilisateurs, pour et par les utilisateurs. Un service ou le client est celui qui a le besoin et où on ne lui fait pas croire le contraire.

PS: les illustrations ne sont pas dues au hasard … il est toujours bon de ré-écouter les anciens 😉

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